RCA: sur les marchés, on attend des jours meilleurs

Une patrouille de la force Sangaris dans Bangui, en décembre 2014.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Si dans les quartiers nord de Bangui, les 4e et 8e arrondissements en particulier, la délinquance armée est le fléau du moment, la situation connaît une relative accalmie dans le reste de la capitale. Une embellie qui permet aux marchés de s'agrandir et aux échoppes de fleurir un peu partout. Néanmoins pour les petits commerçants, la reprise est longue à venir.

Par rapport à d’autres marchés de la capitale, celui de Pétévo dans le sud de Bangui connaît depuis longtemps un regain d’activité. Pourtant, ici comme ailleurs, le commerce est difficile. Justin vend du sel et des casseroles : « Le set complet comme ça on le vend 4 000 francs ou soit 3 000, 2 500 francs ont peut prendre celui-là. Par rapport à la conjoncture, ça ne marche pas bien actuellement. Il n’y a pas d’argent pour le moment. »

A quelques kilomètres de là, au PK5, le cœur commercial de Bangui avant la crise, le marché a repris. Toutes les échoppes de quincaillers pillées l’année dernière ont rouvert, les clients reviennent, mais le constat est le même, leurs poches ne sont pas assez remplies.

Burma est quincailler : « Le business, ça marche, mais pas beaucoup. Il n’y a pas d’argent. C’est comme ça. Tous les clients ils pleurent, ils disent que la présidente, elle paie seulement un mois, il y a des dettes tout ça. Et la paix, ça commence à revenir petit à petit. Mais on a le problème de l’argent. » Pour le voisin de Burma, Radoul tout devrait s’arranger après les élections.
 


Ministre de la sécurité publique : les « criminels sont connus et nous sommes en train de les traquer »

A Bangui, alors que les agressions et les braquages sont quotidiens, en particulier dans le nord de la ville, les forces de sécurité intérieures (FSI) sont de plus en plus visibles partout en ville. Depuis le début de l'année, avec les forces internationales, elles multiplient les opérations destinées à faire baisser la délinquance en prévision du Forum national. Contrôles, saisies d'armes et de véhicules volés, arrestations, en particulier dans les 4e et 8e arrondissements de Bangui. Les précisions du ministre de la Sécurité publique, Nicaise Karnou :

« Nous avons réussi à faire monter en puissance la police dans les commissariats de Bangui, à rouvrir le commissariat du 3e arrondissement, à renforcer le dispositif dans le commissariat du 5e arrondissement. Aujourd’hui, nous avons des check-point qui contrôlent la cartographie, la lutte contre la criminalité. Ces criminels qui agissent de manière disparate, précisément dans le 4e arrondissement, mais de manière volatile dans le 8e arrondissement sont connus et nous sommes en train de les traquer.

Il y a une mission mixte des forces de sécurité intérieure avec la force internationale, la police, la Minusca, Sangaris. Nous procédons à des ratissages dont nous sommes à la troisième opération dans le 4e arrondissement. Ce qui nous a permis de récupérer plus de 400 motos volées, plus de 20 véhicules 4x4 volés, et tous les jours nous sommes à pied d’œuvre et la situation sécuritaire s’améliore.

Et ces bandits, ils sont connus. C’est les anciens gardes présidentiels. Ils sont au nombre de dix. Ils sont connus et nous sommes à leur traque et nous ferons tout pour leur mettre la main dessus. Et la population du 4e arrondissement coopère à ce que nous puissions leur mettre la main dessus. »