Accord d’Alger: l’interminable indécision des groupes du nord du Mali

Un drapeau du MNLA, dans les rues de Kidal, en 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Au Mali, les mouvements rebelles du nord du pays demandent une nouvelle rencontre avec la médiation internationale. Depuis jeudi, des responsables politiques et militaires se sont rendus à Kidal pour participer à des consultations initiées par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Plusieurs délégations proches de ces groupes ont indiqué clairement leur rejet du texte en l'état.

La décision n'est pas encore prise, mais depuis dimanche soir, depuis la fin des travaux en commission, la CMA a produit une résolution censée résumer l'esprit et la volonté de la base. C’est-à-dire de la jeunesse, des femmes, des chefs de tribus, des combattants, de toutes ces entités pro-Azawad réunies depuis prés d'une semaine à Kidal.

Il en ressort que le document d'Alger est à leurs yeux « insuffisant par rapport aux revendications du peuple de l'Azawad » et « qu'il ne prend pas suffisamment en compte les aspirations politiques profondes des populations ». Dans cette résolution, il est demandé une reconnaissance de l'Azawad en tant qu'entité politique, juridique et territoriale, autant de notions absentes du projet d'accord d'Alger.

Est-ce que cela veut dire que la CMA ne va pas signer ? Dimanche, les responsables de la coordination ont demandé à la médiation internationale une nouvelle rencontre jugée indispensable et urgente en vue de modifier le texte d'Alger pour se rapprocher des aspirations du peuple de l'Azawad. Cette rencontre va avoir lieu demain.

Une source proche de la médiation a appris à RFI qu'une délégation internationale va se déplacer à Kidal pour échanger avec les leaders de la CMA. Un déplacement considéré un peu comme celui de la dernière chance pour arracher une signature de la part des groupes pro-Azawad. Une signature, on l'a compris, sous conditions.