Affaire Simone Gbagbo: le parquet se pourvoit aussi en cassation

L'ex-première dame Simone Gbagbo a été condamnée à 20 ans de prison, reconnue coupable de «constitution de bandes armées» et d'«atteinte à la sécurité de l'Etat».
© REUTERS/Luc Gnago

Ce lundi 16 mars en Côte d'Ivoire, les avocats de Simone Gbagbo et de ses co-accusés condamnés il y a une semaine à des peines allant de quelques mois de sursis à 20 ans de prison, se sont pourvus en cassation. Une décision qui n'a rien de surprenant, les avocats l'ayant annoncée dès la sortie du tribunal après le verdict. La surprise vient en revanche du parquet général qui lui aussi se pourvoit en cassation.

Selon le parquet général, la loi a été mal dite, mal appliquée, concernant Simone Gbagbo et tous ceux qui ont été condamnés avec elle. Leur décision ne concerne pas la quinzaine d'accusés finalement acquittés, mais tous les autres, soit environ 65.

Le parquet général avait requis 10 ans de prison contre l'épouse de Laurent Gbagbo mais elle en a été condamnée au double. Certains, contre qui l'on avait requis seulement quelques mois ont pris plusieurs années. Un ensemble de peines qui paraissent disproportionnées au parquet général, qui considère donc nécessaire de redresser les choses.

Si au palais, on assure avoir pris cette initiative en toute indépendance, les avocats de la défense, qui se pourvoient eux aussi en cassation, y voient un bras politique. Ils se réjouissent de cette décision qui sonne selon eux comme un désaveu du verdict de la cour. Les peines sont donc pour l'instant en suspens - le dossier des assises doit bientôt être transmis au parquet général, qui le remettra ensuite à la Cour suprême.

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