Mali: pas d'accord à Kidal, mais l’espoir de nouvelles négociations

Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA, s'exprime à Alger, le 16 juillet 2014, dans le cadre des négociations de paix au Mali.
© AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

Toute la journée, les regards étaient tournés mardi 17 mars sur Kidal au Mali. Une délégation de la communauté internationale a fait le déplacement dans le Nord, pour rencontrer la coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Conclusion de cette journée : les groupes seraient prêts à faire un effort pour aller vers une signature, mais ils restent fermes sur leurs revendications.

La médiation s'est déplacée en force à Kidal mardi 17 mars. Un voyage inédit, à ce niveau de représentation (la délégation était composée de la médiation internationale à laquelle se sont ajoutés des membres d’Etats permanents au Conseil de sécurité, tels que la Chine et la Russie), pour une mission de haute voltige : convaincre les leaders des groupes du Nord qui ne souhaitent pas signer l'accord de paix discuté à Alger que c'est dans leur intérêt de le faire. La CMA n'a pour l'instant pas signé l'accord issu des pourparlers de paix d'Alger, qui ont débuté il y a plusieurs mois, un accord paraphé par les autres parties le 1er mars.

Leur base, qu'ils viennent de consulter pendant plusieurs jours a clairement dit qu'elle était contre, et le texte a ainsi été refusé. Ce mardi, les émissaires de la communauté internationale ont répété qu'une signature ne signifiait pas que les discussions étaient terminées. Les débats pourront reprendre dans un autre cadre. Ils s'y engagent, et promettent de suivre le processus jusqu'au bout.

Des propos jugés très durs

En faisant le déplacement, la médiation rêvait secrètement de revenir avec un « Oui » de principe, mais elle ne se faisait pas d'illusion non plus. Et comme certains le craignaient, les groupes sont restés fermes sur leur position. Pas question de signer l'accord en l'état, sans que leurs préoccupations ne soient prises en compte.

Certains leaders ont même tenu des propos jugés très durs, estimant que la médiation ne leur offrait rien et que l'accord était vide. La CMA reproche notamment à la médiation algérienne d'avoir verrouillé le texte, et de ne pas avoir laissé les deux parties échanger directement en face à face à Alger. Or la coordination assure qu'une paix durable et bien comprise est à ce prix.

Un texte plus consensuel

Les délégués de la CMA ont en effet laissé la porte ouverte à l'obtention d'un texte plus consensuel, et ont exprimé le souhait d'avoir des discussions directes avec le gouvernement malien. « Le texte ne satisfait personne » explique ainsi Moussa Acharatoumane du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). « Il faut donc discuter ensemble de nos réserves respectives et améliorer ce qui est possible. »

« Nous avons été interpellés, à nous d'imaginer maintenant de nouvelles solutions pour arriver à un accord », confie l’un des médiateurs. Longtemps la communauté internationale a menacé les groupes de sanctions en cas de rejet de l'accord se retrouve désormais avec le défi à relever de trouver une solution permettant d'éviter le chaos.

Ce mercredi 18 mars, les médiateurs qui étaient partagés hier entre pessimisme et confiance après leur voyage à Kidal, doivent se réunir à Bamako pour adopter une position commune. La médiation et des groupes ont également évoqué hier une nouvelle rencontre mais rien n'a encore été fixé, ni la date, ni le lieu, ni le format. 

L'idée est de voir d'ici cette réunion comment les réserves listées hier par les mouvements du Nord peuvent être prises en compte pour leur permettre de signer. Quitte à ce que de nouveaux débats soit ouvert plus tard. Le texte actuel apparaît de plus en plus comme un pré-accord, un cadre de travail dans lequel les dicussions de fond pourront encore se poursuivre.