France/Tunisie: une coopération dans la lutte contre le terrorisme à construire

Les soldats tunisiens dans le mont Chaambi, près de la frontière algérienne, le 2 août 2013, lors d'une vaste opération militaire contre un groupe armé.
© REUTERS/Stringer

L'émotion reste vive en Tunisie après la fusillade, mercredi, en plein centre-ville de la capitale. Au moins 21 personnes ont été tuées, dont 20 touristes étrangers d'après le dernier bilan du ministère de la Santé. C'est la première fois que le pays est touché en plein de coeur de la capitale avec une telle violence. Le pays lutte depuis des années contre le terrorisme et les services français et tunisiens collaborent en matière de renseignement, mais la coopération militaire française reste très réduite.

Dans la coopération de défense entre Paris et Tunis, il y a un volet très officiel et un volet beaucoup plus secret. Officiellement, la coopération militaire française se limite à la présence dans le pays de six coopérants à partir de cet été.

Cette coopération porte essentiellement sur l'organisation de la protection civile tunisienne. Un fonds prioritaire de 800 000 euros a été alloué en 2012 et le programme doit se terminer en 2016. Ce projet appuie l'école de protection civile de Djebel Jeloul à 15 kilomètres de Tunis, avec un programme de formation spécifique concernant les risques industriels et techniques.

La France mène aussi quelques missions dans les secteurs de la police et de la gendarmerie, précisément dans le domaine de la « bonne gouvernance », « du renforcement de l'Etat de droit et la lutte contre les trafics en zone aéroportuaire », précise la direction de la Coopération de sécurité et de défense, la DCSD.

Collaboration concernant le renseignement

En 2011, lorsque la France, alors proche alliée du régime Ben Ali, avait proposé son expertise en matière de maintien de l'ordre, afin d’aider à la répression contre le peuple tunisien, beaucoup redoutaient une rupture durable de la relation sécuritaire entre Paris et Tunis. Mais aujourd'hui, les canaux sont ouverts entre les deux capitales. « Les services de renseignement des deux pays collaborent », assure-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense.

Il faut rappeler que, dans les mois qui ont suivi la révolution de Jasmin, la Tunisie a servi de plaque tournante, pour les jihadistes français notamment souhaitant aller combattre en Syrie, via la Tunisie puis la Turquie. « Il était donc important de renouer les fils du dialogue », note un expert.

Concernant les équipements, la France avait conclu dès 2010 un accord pour la livraison de matériel d'occasion. Depuis, l'achat d'hélicoptères Caracal par la Tunisie - un temps évoqué - n'a visiblement pas débouché. Tunis a finalement préféré acheter des Blackhawk aux Etats-Unis, livrables dès l'an prochain.