Nairobi veut construire un mur entre le Kenya et la Somalie

Le 22 novembre 2014, un bus a été attaqué près de la frontière avec la Somalie et l’Ethopie. L'attaque, revendiquée par les shebabs, avait fait 28 morts.
© REUTERS/Stringer

Le ministre de l’Intérieur kényan annonce la construction d’une grande muraille qui longera la frontière entre son pays et la Somalie. La construction de ce mur, qui débutera la semaine prochaine, a pour objectif d’endiguer les attaques des shebabs sur le sol kényan.

C’est la dernière trouvaille de Joseph Nkaissery. Après avoir annoncé le renforcement du dispositif de sécurité dans son pays – sans grand succès –, le ministre de l'Intérieur kényan annonce la construction prochaine d’une grande muraille pour endiguer les attaques des shebabs somaliens sur le sol kényan. Présenté la semaine dernière au Parlement, le projet a reçu le soutien des parlementaires des villes du Nord.

En initiant le projet, le ministre avait opté pour la région de Lamu. Les islamistes somaliens shebabs, liés à al-Qaïda, ont revendiqué plusieurs attaques meurtrières dans des localités proches de l'archipel touristique, sur la côte kényane, invitant les touristes et étrangers à éviter ce pays pour leur propre « sécurité ». Mais ce sont les membres du gouvernement qui ont fait le choix de la frontière avec la Somalie.

Les opposants au projet, qui affirment tout de même soutenir le ministre dans sa détermination à lutter contre les shebabs, s'interrogent sur le coût réel de cette opération et surtout sur son efficacité. Ils recommandent également au gouvernement de prendre en compte une réalité, celle des nomades qui vivent depuis plusieurs siècles sur les deux territoires et qui ne peuvent les traverser qu'à cheval.