Présidentielle au Burundi: Ban Ki-moon tente de raisonner Nkurunziza

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a encouragé vendredi le président burundais à renoncer à briguer un troisième mandat.
© REUTERS/Stringer

Le président du Burundi Pierre Nkurunziza, qui n’a jamais fait mystère de son envie de briguer un troisième mandat lors des présidentielles prévues en juin, préoccupe plus que jamais la communauté internationale. Elle craint que ce pays ne retombe dans les violences et accentue sa pression pour qu’il renonce. Depuis quelques jours, les visiteurs de haut rang se succèdent à Bujumbura et on a appris samedi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé au téléphone le président burundais vendredi pour « l’exhorter » à réfléchir aux conséquences que pourraient avoir sa décision et à respecter l’accord de paix d’Arusha, qui stipule qu’aucun président ne peut aller au-delà de deux mandats.

Il y a un an, les chancelleries occidentales étaient frileuses sur la question du troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza. Seuls les Etats-Unis s’étaient ouvertement prononcés contre. Un diplomate européen confiait d’ailleurs à l’époque que si la population burundaise ne descendait pas dans la rue, la communauté internationale ne bougerait pas le petit doigt.

Aujourd’hui, les choses ont changé du tout au tout, en raison notamment des tensions croissantes qui se cristallisent autour de cette question. Car les risques de confrontations sont bien réels entre ceux qui s’opposent à ce que Nkurunziza brigue un troisième mandat, l’opposition politique et la société civile, qui ont été rejoints par la très influente Eglise catholique, et les soutiens du chef de l’Etat, essentiellement les membres de son parti. Un soutien qui commence à son tour à se fissurer.

Du coup, la communauté internationale a été obligée d’agir pour éviter le pire. Les Nations unies, l’Union européenne, l’Union africaine et les pays de la région, ce qui est assez exceptionnel, tous exhortent désormais le dirigeant à respecter la constitution du Burundi, mais aussi l’esprit et la lettre de l’accord de paix d’Arusha.

Vendredi lors d’une conversation téléphonique, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé Nkurunziza « à considérer avec attention les conséquences potentielles pour son pays et pour la marque qu’il va laisser dans l’histoire, de sa décision concernant une participation éventuelle à l’élection présidentielle », a rapporté son porte-parole Mathias Gillmann, interrogé par RFI.

« Le secrétaire général a aussi appelé le président à garantir que les services de sécurité demeurent impartiaux en cas de manifestation, ajoute-t-il. Enfin, il a exprimé l’espoir que ses décisions permettraient de garder le Burundi sur la voie de la paix et de la stabilité. » Une manière très diplomatique de lui dire clairement et fermement de ne pas chercher à aller au-delà de ses deux mandats. Après ce coup de fil, tout le monde se demande à Bujumbura jusqu’à quand Nkurunziza pourra résister à cette pression extérieure.

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