Ebola: le combat continue mais la vigilance faiblit

Une équipe de la Croix-Rouge évacue un homme suspecté d'être infecté par le virus Ebola, le 30 janvier 2015 à Forécariah en Guinée.
© REUTERS/Misha Hussain

En Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, la lutte contre Ebola est loin d'être terminée. Et ce, malgré la baisse importante du nombre de cas. Les autorités de ces pays comme les ONG et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiètent du recul de la vigilance des populations. Ce week-end, en Guinée et en Sierra Leone, deux méthodes de lutte bien différentes ont été mises en place.

En Guinée, les autorités ont décidé d'utiliser la manière forte. Craignant une recrudescence de l'épidémie et alors que « l'urgence sanitaire » est en place depuis août dernier, le président Alpha Condé a annoncé via un communiqué l'instauration de « l'urgence sanitaire renforcée » pour une durée de 45 jours dans cinq zones proches de Conakry : Forécariah, Dubréka, Coyah, Kindia et Boffa.

Le chef de l'Etat dit regretter l'abandon de vigilance des Guinéens et indique qu'il est plus facile de « passer de cent à dix cas que de dix à zéro ». Durant 45 jours, des mesures strictes doivent être appliquées si de nouveaux cas sont découverts, mais également lors des obsèques.

Chez le voisin sierra-léonais, la méthode employée est différente. Pour la seconde fois en six mois, les autorités ont imposé un confinement général entre vendredi matin et dimanche soir. Tous les acteurs de santé appuyés par 26 000 volontaires et les forces de sécurité ont enquêté dans les zones les plus touchées.

Dans la région ouest où se trouve la capitale Freetown, 40 corps et 172 malades ont été évacués. Des tests doivent être menés pour déterminer s'il s’agit de cas d'Ebola. Un pasteur a dit espérer que ce confinement signera le dernier coup de sabot du cheval moribond d'Ebola. Les autorités parlent elles d'une course contre la montre car les écoles doivent rouvrir le 14 avril. Et la saison des pluies va bientôt débuter.