Attentat des shebabs au Kenya: «le terrorisme le plus abject»

Des étudiants sont évacués de l'université du campus de l'université de Garissa, en proie à une prise d'otages qui sera suivie d'un massacre, le 2 avril 2015.
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Une attaque terroriste d'une ampleur sans précédent depuis les attentats de Nairobi en 1998 a fait 147 morts ce 2 avril au campus de l'université kényane de Garissa, située dans l'est du pays. La France et les Etats-Unis ont fermement condamné l'attentat et se disent prêts à coopérer avec Nairobi sur la lutte contre le terrorisme.

Au moins 147 personnes, essentiellement des étudiants, ont été tuées jeudi à l'université kényane de Garissa (est) dans une prise d'otages menée par des islamistes somaliens shebabs, groupe terroriste lié à al-Qaïda. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière au Kenya depuis celle contre l'ambassade américaine en 1998 (213 morts). 350 étudiants sont restés aux mains de quatre assaillants shebabs tout au long de cette journée.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné « l’attaque terroriste » et réclamé que leurs responsables soient traduits devant la justice. Ban Ki-moon a également présenté ses condoléances aux familles des victimes et dit que les Nations unies se tenaient prêtes à aider le Kenya à « empêcher et contrer le terrorisme et l’extrémisme violent ».

De son côté, la Maison Blanche dénonce un crime contre des innocents. « Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts l’attaque terroriste menée aujourd’hui contre des hommes et des femmes innocents à l’université de Garissa », a écrit le Conseil de sécurité nationale de la présidence américaine sur son compte Twitter. « Les Etats-Unis apportent leur aide au gouvernement kényan et continueront à collaborer avec lui ainsi que d'autres (gouvernements) dans la région pour faire échec au groupe terroriste shebab », a poursuivi le porte-parole à Washington, Josh Earnest. Le président américain doit se rendre en juillet sur la terre natale de son père, pour une première visite depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2009.

La France s'est également dite « prête à coopérer » avec le Kenya « dans la lutte contre le terrorisme ». « Le président de la République exprime sa solidarité avec le peuple kényan, qui doit faire face au terrorisme le plus abject, celui qui s'attaque à la jeunesse, au savoir et à l'éducation ». François Hollande « s'associe à la douleur des nombreuses victimes de l'attaque contre l'Université de Garissa (est du Kenya) et présente ses condoléances au président du Kenya, Uhuru Kenyatta ».

L'université de Garissa, dans l'est du pays, accueille quelque 800 étudiants de tout le pays, dont beaucoup dorment sur le campus, à un kilomètre à peine du centre-ville. L'attaque est survenue en pleine nuit à 5h30 (heure locale). Garissa, comme d'autres villes kényanes frontalières de la Somalie, a été le théâtre de plusieurs attentats de moindre ampleur ces dernières années, toujours attribués aux shebabs, mais jamais revendiqués par eux, contrairement à celui de ce 2 avril.