Les réservations touristiques pour la Tunisie en baisse de 60%

Les réservations pour la Tunisie sont en baisse de 60%, depuis l'attentat du Bardo le 18 mars à Tunis.
© AFP / Fethi Belaid

Après l'attentat sanglant du 18 mars dernier au musée du Bardo, la saison d'été s’annonce difficile pour les professionnels tunisiens du tourisme. Les premiers chiffres sur l'impact de cet attentat sont aujourd'hui disponibles avec une très forte baisse des intentions de vacances.

A Tunis, le musée du Bardo a rouvert lundi ses portes au public avec une sécurité renforcée après l’attentat sanglant du 18 mars qui a coûté la vie à 21 touristes et un policier tunisien.

L'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a dit avoir « une entière confiance » dans la capacité de la Tunisie à rebondir, mais les premiers chiffres sont en berne. « Le tourisme a été atteint par l'attentat du Bardo », reconnaît Jean-Pierre Mas, président du Syndicat national des agents de voyages (Snav). « Même si le nombre de demandes de rapatriement a été insignifiant et celui des annulations, reports, ou changements de destination est demeuré faible, il y a eu une baisse très sensible du nombre de réservations, poursuit-il. Par rapport à la même période que l’année précédente, on est à moins 60%, ce qui fait une baisse très forte du nombre de réservations de décisions de voyage en Tunisie et ça aura un impact très fort sur le tourisme en Tunisie. »

La Tunisie reste optimiste

Les autres pays du Maghreb n’ont semble-t-il pas subi les conséquences de l’attentat, à l’instar du Maroc, l’autre pays touristique du Maghreb, ajoute Jean-Pierre Mas. L’Egypte, troisième destination touristique pour les Français, reste très sinistré sur le marché touristique hexagonal.

Les organisateurs de croisières ont suspendu sine die les escales en Tunisie. L’attitude des vacanciers dépendra bien sûr de l’évolution de la situation dans le pays. Reste à savoir vers quelle destination ils vont se reporter « car il n’y a pas dans le bassin méditerranéen de destination à des prix aussi compétitifs que les prix de la Tunisie », ajoute le président du Snav.

Secteur stratégique

Côté tunisien, on reste tout de même optimiste. Taleb Rifai, le secrétaire général de l'OMT, a jugé « très prématuré » d'évaluer l'impact de l'attentat contre le musée du Bardo, estimant que « le vrai test sera les mois estivaux ». La ministre tunisienne du Tourisme a estimée pour sa part, n’être « ni optimiste ni pessimiste, je suis déterminée », a-t-elle déclarée, assurant qu'« une vraie volonté politique » existait en Tunisie pour relancer et développer le secteur.

Le secteur du tourisme est stratégique pour l'économie tunisienne. On assitait à une reprise sensible pour les mois à venir mais le tourisme n'a cependant jamais réussi à retrouver son niveau d'avant « la révolution de Jasmin » de janvier 2011, et l’on peut craindre désormais une nouvelle chute après les évènements tragiques du musée du Bardo.

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