Burundi: la tension monte autour de la candidature Nkurunziza

Pierre Nkurunziza, le 19 août 2005.
© Reuters / Alessandro Di Meo

A trois mois des élections présidentielles au Burundi, la tension ne cesse de monter autour d'une troisième candidature du président Pierre Nkurunziza, contesté aussi bien par l'opposition et la société civile, que dans son propore camp. Mais ce mouvement de fronde interne initié par de hauts cadres du parti CNDD-FDD au pouvoir commence à s'essouffler, notamment en raison des coups de butoir que lui assène le pouvoir. Et, malgré les dénégations du parti CNDD-FDD, les frondeurs dénoncent des « méthodes dignes d'un autre temps ».

Les médias du Burundi ne parlent que de ça depuis hier, jeudi 2 avril, le président de l'Assemblée nationale Pie Ntavyohanyuma, considéré comme l'un des leaders de la fronde qui secoue le parti présidentiel, a été interdit de voyage en Belgique le 1er avril. Et tout le monde suit avec attention les tentatives en cours depuis une semaine en vue de sa destitution.

Mais, c'est l'arbre qui cache la forêt car tous ces cadres frondeurs assurent subir aujourd'hui des pressions qui vont au-delà de simples intimidations. Coups de fils menaçants, filatures dans la rue, menaces de mort qui s'adressent jusqu'aux parents restés sur les collines, rien ne serait épargné aux cadres du parti qui se sont opposés publiquement à ce que le président Pierre Nkurunziza brigue un troisième mandat.

Démis de ses fonctions

Enfin, et si avec tout cet empilement de menaces le frondeur n'a pas compris et fait marche-arrière en signant un document « à la soviétique » où il reconnaît son erreur et demande pardon au parti CNDD-FDD, il est tout simplement démis de ses fonctions. C'est ce qui est déjà arrivé à plusieurs d'entre eux.

Du coup, le mouvement interne de contestation marque le pas, aucun cadre n'ose plus signer la pétition contre un troisième mandat. Pire pour eux, environ la moitié des signataires auraient été obligés de se désister. Mais le nouveau porte-parole du CNDD-FDD au pouvoir nie toutes ces accusations. Gélase-Daniel Ndabirabe parle de fausses allégations : « Nous ne pouvons pas accepter qu'ils sapent le parti de l'intérieur ».

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