La RDC nie l’existence d’un charnier de victimes de la répression

L'inhumation de centaines de corps dans un cimetière de Maluku (photo) a vivement fait réagir les ONG de défense des droits de l'homme, craignant que ces dépouilles ne soient celles d'opposants tués en janvier dernier.
© AFP PHOTO / Junior KHANNA

L'affaire de la « fosse commune à Maluku » est au centre d'une controverse dans la capitale de la République démocratique du Congo. Plusieurs personnes ont été inhumées de nuit dans un cimetière situé à la périphérie est de Kinshasa. Accusées, et sommées de s'expliquer, les autorités congolaises ont réfuté la thèse d'une fosse commune qui renfermerait les cadavres des victimes des événements de janvier dernier.

Pour le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et de la Sécurité, il s'agit des indigents dont les corps ont été abandonnés à la morgue centrale de Kinshasa. Le 19 mars, plus de 400 corps sont enterrés tard dans la nuit dans le cimetière de Maluku, à plus de 120 kilomètres à l’est de Kinshasa. Pour certains, ce sont des victimes des évènements des 19, 20 et 21 janvier, lors des débats au Parlement sur la loi électorale. Le gouvernement est interpellé par les défenseurs des droits de l’homme, notamment par le bureau des droits de l’homme de la Monusco.

Les corps étaient ceux d'indigents, selon le gouvernement

En fin de semaine, Evariste Boshab, le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, a invité le bureau des droits de l’homme de la Monusco, la représentante de Human Rights Watch et les ONG locales des droits de l’homme, avec pour objectif affiché de faire la lumière sur cette affaire. Selon Evariste Boshab, une enquête administrative menée par les soins du gouverneur de la capitale a démontré que les corps enterrés à cette occasion étaient ceux des indigents dont les corps ont été abandonnés par leur famille dans les différentes installations médicales de la ville, avant d’être conduits à la morgue centrale.

« Parmi ces morts figuraient des fœtus et des mort-nés ramassés par-ci par-là dans différents quartiers », précise encore le vice-Premier ministre. Au nom du gouvernement, Evariste Boshab s’est engagé à autoriser l’exhumation de ces corps pour les besoins de l’enquête si la demande devait lui être faite.