Internet: le Gabon «coupé du monde» à cause d’un sabotage

Libreville, au Gabon, a vécu au ralenti pendant quatre jours suite à la panne de réseau.
© Crative Common / Flickr

Pendant quatre jours, le Gabon a vécu sans connexion internet. Les Gabonais ont très mal vécu cette privation que Gabon Telecom attribue à un acte de sabotage : un câble sous-marin a été coupé volontairement. Une plainte a été déposée.

Impossible de transférer de l'argent, impossible, aussi, de converser sur Facebook, Skype et autres réseaux sociaux avec les parents, les amis et les collègues ou relations professionnelles... C’est toute l'économie numérique du Gabon qui s’est retrouvée à terre durant quatre jours, de jeudi soir à ce lundi matin.

Les Gabonais coupés du monde

Parmi les problèmes engendrés par la coupure du net : l’impossibilité d’accéder à certains services en ligne, même au sein des entreprises et administrations. Dimanche, alignés depuis plusieurs heures pour acheter des unités pour les compteurs prépayés d'électricité, les clients ont dû prendre leur mal en patience. « Il n’y a pas de connexion. Il nous ont dit d’attendre », commente l’un. « On est obligés d’attendre, puisque les parents sont dans le noir. On est obligés », souligne un autre.

Dans les rues de Libreville, la situation n'arrange personne. « On le vit mal. On le vit même très mal… On est en 2015 quand même ! », s’insurge une jeune femme. Et une autre de résumer son désarroi : « Quatre jours sans Facebook, sans Viber ? Je suis coupée du monde ! » La coupure a aussi des conséquences économiques directes. « Je suis désespérée : à une fin de mois, c’est vraiment très dur pour moi », déplore ainsi la gérante d’un cybercafé, au chômage technique depuis quatre jours.

Gabon Telecom pointe un acte de sabotage

Dimanche soir et lundi matin, les connexions se sont peu à peu rétablies. L’heure est désormais à la recherche des responsabilités. Firmin Ngoye, directeur réseau chez Gabon Telecom explique que la coupure a été provoquée par un acte de malveillance. « Le câble sous-marin Sat 3 reliant le Gabon à l’extérieur a été victime d’un acte de sabotage perpétré par des inconnus. Ce geste a entraîné l’interruption de tout le trafic », explique-t-il.

Et si la réparation a pris quatre jours, c’est qu’« il fallait absolument faire venir du matériel de l’extérieur » et qu’une « compétence extérieure » était également nécessaire pour résoudre le problème. Le 8 mars dernier, un incident similaire s’était produit à Libreville. Là encore, c’est un acte de sabotage qui avait été pointé. Gabon Telecom a décidé de porter plainte.


■ Comment le Gabon est relié au réseau mondial

Carte du Sat-3, l'un des câbles qui relie l'Afrique de l'Ouest au réseau internet. © DR / TLC Africa

Le Sat-3 est un câble en fibre optique qui contourne l’Afrique et la relie au réseau mondial via neuf points d’atterrissement sur le continent (Afrique du Sud, Angola, Gabon, Cameroun, Nigeria, Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal). Détenu par un consortium dirigé par le Sud-Africain Telkom SA, le Sat-3 a été remis à niveau en septembre dernier. Libreville est également connecté à un autre câble, plus récent : l’ACE (Africa Coast to Europe), mis en service en 2012 et détenu par un consortium dirigé par Orange, il n’est pas relié au réseau gabonais, aucun opérateur ne l'utilisant jusqu'à maintenant. Un troisième câble sous-marin de 200 kilomètres permet quant-à lui de relier Libreville à Port-Gentil, plus au nord sur la côte.