Après le massacre de Garissa, les Kényans veulent plus de sécurité

Plusieurs centaines d'étudiants se sont rassemblés dans les rues de Nairobi avec une revendication : davantage de sécurité, le 7 avril 2015.
© RFI/Sonia Rolley

Veillée funèbre ce mardi soir à Nairobi, dans le parc Uhuru, cinq jours après le massacre dans l'université de Garissa. Au terme de trois jours de deuil national, un hommage est rendu aux 148 victimes des islamistes shebabs. Ce matin, plusieurs centaines d'étudiants se sont rassemblés dans les rues de Nairobi avec une revendication : davantage de sécurité.

Des centaines d’étudiants ont marché, bloquant la circulation sur plusieurs axes du centre de Nairobi, bravant voitures et motos. Ils avaient des panneaux de fortune avec le désormais célèbre : « 148 n’est pas seulement un chiffre », en référence au nombre des victimes du massacre de Garissa. Ils ont ensuite fait une prière. Scène impressionnante que tous ces étudiants à genoux au milieu de la circulation pour une minute de silence, têtes penchées en avant, yeux fermés.

Un message fort a été adressé au gouvernement : « Nous sommes tués et que fait le gouvernement ? Des relations publiques », a lancé l’un des leaders de cette manifestation improvisée par la foule d’étudiants.

La colère monte, on le sent, dans les universités depuis le week-end dernier. Dimanche soir, une manifestation de ce type avait dégénéré avec des actes de violence. Les étudiants de Nairobi estiment que le gouvernement devrait renforcer la sécurité sur tous les campus avec des policiers. Alors qu’à l’heure actuelle, dans le meilleur des cas, il n’y a que des gardes de sécurité privée qui, selon les étudiants, ne feront pas le poids face aux shebabs en cas d’attaque.

La lente identification des corps

Pendant ce temps, les victimes sont en train d'être identifiées à la morgue, mais cela prend du temps. Le directeur du Centre national des gestions des catastrophes avait promis que le processus d’identification serait terminé rapidement. Ce matin, seules 113 victimes avaient pu être identifiées, 34 seulement par les familles, ce qui donne une idée de l’état des corps entre les blessures et les conditions météorologiques. Plus de 50 autres victimes ont pu être identifiées grâce aux empreintes digitales et 15 enfin grâce à des mesures biométriques.

Le plus difficile pour les familles, qui ne se font plus beaucoup d’illusions, est vraiment de ne pas pouvoir enterrer leur proche. Les officiels expliquent désormais que cela dépend du gouvernement et qu’aucune date ne pouvait encore être avancée.

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