En Afrique du Sud, Mugabe fustige les Occidentaux

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe (g) reçu par son homologue sud-africain pour une visite d'Etat, sa première en 21 ans. Ici lors d'une conférence de presse conjointe à Pretoria le 8 avril 2015.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'exprimait à l'occasion d'une visite d'Etat mercredi 8 avril en Afrique du Sud où il était reçu par son homologue Jacob Zuma. Il s'agissait de sa première visite d'Etat en 21 ans. Il a critiqué la domination des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et appelé à une représentation du continent africain. L'Afrique du Sud et le Nigeria sont tous les deux candidats à un siège permanent. Le président Robert Mugabe a dénoncé l'attitude des Occidentaux avec la colonisation dans le passé et, aujourd'hui, avec leur intervention dans le monde arabe.

Mugabe défend sa politique de nationalisation des entreprises

La visite du président Mugabe en Afrique du Sud est notamment destinée à relancer l’économie et attirer les investisseurs. Le Zimbabwe aurait accumulé plus de 10 milliards de dollars de dette. Et le FMI et la Banque mondiale exigent un changement de cap, notamment l'abandon de sa politique d'« indigénisation » privant les entreprises étrangères du contrôle de leurs filiales locales. Pour le président Mugabe, cette politique est justifiée :

« Les ressources naturelles en Afrique, nous appartiennent, elles sont à nous. Et je ne pense pas que le capital est plus important que ces ressources naturelles. Non. Donc, quand une entreprise vient chez nous et dit qu’ils ont de l’argent à investir, tout ce qu’ils font réellement c’est apporter de l’équipement et des techniques de production, rien de plus. Par exemple, les sociétés minières sont en train d’extraire de mon pays des ressources qui ne peuvent pas être remplacées. L’or que nous possédons et qui nous a été donné par Dieu est beaucoup plus profitable et plus important pour mon pays.
Donc, nous disons, nous qui possédons ces ressources naturelles, nous devons au moins percevoir 51% des profits de ces sociétés. Et la société peut toucher les 49% restant. Ce qui, je trouve, est plutôt généreux
 ».

Nous ne faisons pas une bonne affaire aux Nations unies. Seuls cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité ont tout le pouvoir. Si un de ces pays dit "non", alors une résolution ne passe pas. Et c'est pour cela que le système ne fonctionne pas.

L'Afrique a essayé de faire amender ce système. Mais les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France s'y opposent. Doit-on continuer comme cela ? Sommes-nous si stupides ? Ne sommes-nous pas suffisamment forts? Ne pouvons-nous pas nous unir et dire : c'est comme cela ou vous n'avez pas notre soutien ? C'est vers cette position que nous nous dirigeons.

Nous voulons d'une Organisation des Nations unies dans laquelle tout le monde participe et tout le monde est reconnu en tant que membre à part entière. Pour l'instant, l'ONU est dominée par ces 5 pays, qui posent tous les problèmes, qui perturbent le monde arabe et le déchirent. Regardez ce qu'ils ont fait en Libye.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe
09-04-2015 - Par Alexandra Brangeon

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