Robert Mugabe dénonce la mainmise des pays colonisateurs sur l’Afrique

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, 91 ans, lors de sa première visite depuis 20 ans en Afrique du Sud, le 8 avril 2015.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a terminé jeudi son voyage en Afrique du Sud. Une visite d'Etat de deux jours durant laquelle il a beaucoup été question de coopération économique entre les deux pays. L’économie du Zimbabwe, mal en point, a besoin d’être relancée. Et qui fut aussi l’occasion pour lui de s’en prendre aux Occidentaux, et notamment à la France.

Deux jours durant, le président Robert Mugabe s'en est pris aux Occidentaux, à l'ONU. Il a rappelé la lutte d'indépendance, a justifié les invasions de fermes détenus par les Blancs, et a dénoncé le pillage de ressources naturelles de continent. S'adressant à des chefs d'entreprises jeudi à Pretoria, le président Mugabe a justifié sa politique de nationalisation des entreprises, rappelant que les ressources naturelles de l'Afrique appartiennent à l'Afrique. A cette occasion, il a appelé les pays francophones à reprendre leur indépendance économique, notamment de la France :

« L'indépendance n'a été obtenue qu'à moitié dans la plupart des pays africains. Certains ne contrôlent même pas leurs ressources naturelles, a-t-il souligné. Allez au Gabon, toute la richesse du sous-sol est détenue par la France. C'est l'accord qui a été passé, et c'est la même chose dans la plupart des pays francophones. Ils découvrent du pétrole, c'est pour la France. Ils découvrent des diamants, c'est pour la France. Et les mineurs bien entendu français. Et qu'est ce que vous obtenez en échange ? 12%, peut être 15% des revenus ? Et c'est pour cela que ces pays sont victimes de tentatives de coup d'Etat l'un après l'autre. Mais malheureusement les Espagnols, les Français, tous sont derrière ces coups d'Etat. »

Investisseurs sud-africains et diaspora

Au milieu de tout cela, le président zimbabwéen a demandé à l'Afrique du Sud de contribuer au développement de la région. Et appelé les hommes d'affaires sud-africains à venir investir au Zimbabwe. « Nous nous sommes battus pour vous, pour que vous ayez la liberté de pouvoir utiliser les ressources naturelles comme actifs dans vos affaires. Je peux vous assurer que le Zimbabwe est ouvert pour les affaires », a-t-il insisté. Son appel aura-t-il été entendu ? Mugabe refuse de revenir sur sa politique d'indigénisation, qui prive les entreprises étrangères du contrôle de leurs filiales locales et qui inquiète fortement les investisseurs étrangers.

Il a également profité de son voyage pour appeler la diaspora zimbabwéenne à revenir investir dans leur pays : « La politique de diaspora nationale entend créer des opportunités pour les Zimbabwéens à l'étranger pour qu'ils puissent contribuer via leur investissement, leur expertise, au développement économique du pays. »

Plus d'un million de Zimbabwéens vivent en Afrique du Sud. La plupart ayant fui la pauvreté et les violences politiques.

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