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Gabon

Mme Rogombé, ancienne présidente par intérim du Gabon, est décédée

Rose Francine Rogombé et Ali Bongo Ondimba, après l'investiture de ce dernier à la présidence gabonaise, le 16 octobre 2009 à Libreville.
© AFP PHOTO / Wils YANICK MANIENGUI

Agée de 73 ans, l’ancienne présidente de la République gabonaise par intérim, Rose Francine Rogombé, est décédée ce vendredi 10 avril 2015 à Paris. Originaire de Lambaréné, au centre du Gabon, l’ancienne présidente du Sénat avait su gérer la transition suite au décès d’Omar Bongo.

Janvier 2009. Omar Bongo est de plus en plus malade. La guerre pour sa succession fait rage. Très rusé, il fait appel à Rose Francine Rogombé pour prendre la présidence du Sénat. L’ancienne secrétaire d’Etat à la Promotion de la femme sous le monopartisme n’est alors pas bien connue du grand public. Surtout, elle n’a pas d'ambition présidentielle.

Le choix du chef de l'Etat est donc très stratégique, car selon la Constitution, en cas de vacance de pouvoir, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim du président de la République. Or, cinq mois plus tard, Omar Bongo décède. Le pays retient son souffle, car deux courants s’affrontent. D’un côté, les partisans d’un coup d’Etat militaire. De l’autre, les défenseurs de la légalité constitutionnelle.

Le second camp l’emporte. Rose Francine Rogombé devient présidente de la République par intérim. Elle fait du maintien de la paix son cheval de bataille. Ses sorties hors du pays sont un véritable succès diplomatique. De passage à Paris, elle accorde un entretien à RFI. C'est Christophe Boisbouvier qui recueille alors ses impressions.

Je considère que je suis là pour assurer l'équilibre
Rose Francine Rogombé, présidente par intérim du Gabon, sur RFI en 2009
11-04-2015 - Par Christophe Boisbouvier

« Je vis difficilement cette situation, confie-t-elle. D'abord, je ne peux pas même me réjouir, parce que je n'ai pas été élue. Et je viens là par le jeu de la Constitution. Donc, je suis dans la douleur, dans la tristesse, et en même temps, il faut être la présidente de la République, j'ai même du mal à réaliser certaines choses. »

Celle que l'on considérait comme un pilier du régime, une proche d'Omar Bongo, n’aime vraiment pas les honneurs. Elle est pressée de quitter ses fonctions. Le 16 octobre 2009, Ali Bongo, le nouveau président élu le 30 août, prête serment. Rose Francine Rogombé regagne immédiatement le palais du Sénat.

En mars dernier, elle visait un deuxième mandat à la présidence de l'institution, mais son parti ne l’a pas investie. Elle venait de perdre son époux, un décès qui selon ses proches l'avait fortement affectée. Native de Lambaréné, au centre du Gabon, mère de famille, Rose Francine Rogombé avait donc quitté ses fonctions avec chagrin.

→ Archive : relire notre revue de presse Afrique du 11 juin 2009

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