Processus électoral au Tchad: l'opposition veut une biométrie complète

Le président tchadien, Idriss Déby Itno a suscité un début de polémique en affirmant que la biométrie était trop chère à mettre en place.
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Au Tchad, l’organisation des prochaines élections est au centre d’une polémique. Le pouvoir a annoncé qu’il était impossible d’organiser un recensement biométrique complet, c'est-à-dire la délivrance des cartes d’électeurs et un kit de contrôle qui devrait réduire les votes multiples. Samedi 11 avril, l’opposition a organisé une conférence de presse pour exiger la biométrie complète.

Il y a quelques semaines, le chef de l’Etat, en recevant la Commission électorale nationale indépendante, a indiqué que l’organisation du recensement biométrique en vue des prochaines élections allait coûter cher, très cher. Et d'ajouter que des kits d’identification des électeurs à chaque bureau de vote devrait encore alourdir la facture, avant de conclure que Tchad n’en a pas les moyens.

Un « élément fondamental »

Cette sortie, l'opposition ne la comprend pas et a tenu à le faire savoir. Brice Mbaimon est le porte-parole du Collectif de l’opposition pour changement (Coloc). Pour lui, « ce qui demeure un élément fondamental », c'est la question suivante : « A quoi sert de dépenser tant de milliards pour organiser un recensement biométrique et au finish, abandonner l’élément central qui constitue son terminus, sinon sa validité ? ».

Pour des élections « crédibles »

« La question du kit ne doit pas être une question discutable, défend-t-il. Il doit purement et simplement être intégré dans le dispositif pour permettre qu’on aille à des élections apaisées mais crédibles. » L’opposition rappelle que ce sont les kits d’identification qui empêchent les votes multiples et ont été pour beaucoup dans la victoire de l’opposition au Nigeria voisin. Les refuser équivaudra à refuser des élections honnêtes, selon elle.