Niger: des arrestations lors d’une opération militaire franco-nigérienne

Saut nocturne du 2e REP (Régiment étranger de parachutistes) au-dessus de la passe de Salvador.
© Photo ECPA via Olivier FOURT

Durant une semaine, des militaires de l’opération Barkhane et des Forces armées nigériennes (FAN) ont mené une opération d’envergure dans l’extrême nord du Niger. Pour la première fois depuis 2013, l’armée française a mené une opération aéroportée, en faisant sauter ses parachutistes à quelques kilomètres de la passe de Salvador. Mais c’est à 60 kilomètres de là, dans le massif rocheux d’Emi Bouli, sur une zone de transit située à 15 kilomètres de la frontière algérienne, que Barkhane et les FAN ont mis la main sur un petit groupe de suspects.

Ils descendent de l’hélicoptère de l’armée de l’air, les mains derrière le dos, escortés par des soldats français et nigériens. Les soldats de Barkhane leur donnent à boire et à manger. Trois hommes : deux sont très jeunes, un autre aux traits plus durs est assis par terre à l’écart, peut-être le chef.

Le groupe serait constitué de Maliens de la tribu des Ifoghas, comme l’explique le capitaine Mohamed qui commande le détachement des Forces armées nigériennes à Madama dans l’extrême Nord du pays : « Ils venaient de la Libye donc ces personnes ne peuvent être que des trafiquants de drogue ou dans des groupes armés terroristes ».

Barkhane pistait un 4x4 devant relier Ubari en Libye à l’Adrar des Ifoghas dans le nord du Mali, mais ce sont les soldats nigériens qui ont découvert un premier suspect au lever du jour. « Nous n’avons pas tiré un coup de feu, on les guidait avec nos transmissions et nos renseignements, on était avec eux au sol, mais c’est eux vraiment qui étaient en tête et qui ont conduit l’action de feu », détaille le colonel Jean-Michel Menier. Il commande le regroupement tactique du désert-Est de l’opération Barkhane.

Probablement des guetteurs

Pas de traces toutefois du convoi recherché, le groupe était en possession d’une seule kalachnikov et ne l’a pas utilisée. Plus intéressants, les téléphones satellitaires retrouvés ainsi que de puissantes jumelles laissent penser que les trois hommes constituaient une équipe de guetteurs chargés d’informer les transporteurs de la présence éventuelle de militaires français.

« Ils étaient cachés sur une hauteur, quand ils ont aperçu notre approche, ils ont voulu un peu s’esquiver, mais on les a rattrapés à pied, poursuit le capitaine Mohamed. Quand on les a trouvés, ils étaient déjà fatigués compte tenu de la marche. Beaucoup de choses peuvent leur être reprochées, ils sont détenteurs illégalement d’arme, ils n’ont aucun accès sur notre territoire parce que ce sont des étrangers. On va les transférer aux autorités compétentes, c’est à elles de décider ».

 

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