[Reportage] Des paras de Barkhane largués dans la passe de Salvador

Les soldats de Barkhane sont prêts à embarquer pour l'opération de parachutage.
© RFI/Olivier Fourt

Cette semaine, embarquement avec la force Barkhane en opération avec l’armée nigérienne dans l’extrême-nord du Niger. Notre journaliste Olivier Fourt a pu suivre l’opération Kunama 2 qui s’est déroulée du 8 au 14 avril. Près de 800 kilomètres parcourus afin d’endiguer les flux de ravitaillement des terroristes qui transitent par le nord du Niger. Les soldats de Barkhane se sont rendus ces derniers jours là où aucun militaire français n’avait plus mis les pieds depuis le milieu du 20e siècle et l’aventure des fameuses unités méharistes. Tout a commencé en pleine nuit avec un largage, destiné à surprendre l’adversaire et bloquer les accès à la passe de Salvador qui relie le Niger à la Libye.

De notre envoyé spécial

Le tarmac de la base de Faya-Largeau est éclairé par les phares des véhicules de Barkhane. Comme le capitaine Miguel, les parachutistes du 2e REP préparent leurs équipements. « On vérifie son parachute dorsal et ventral », explique-t-il. Chaque militaire est très chargé. « Ça dépend des légionnaires, mais par exemple un légionnaire dont la fonction est radio ou transmetteur a une gaine qui approche les 40 kilos, donc ça fait un poids conséquent », indique-t-il.

C’est parti. L’appareil décolle. Pour le 1ere classe Teddy, c’est le premier saut en opération. « En saut opérationnel, il faut faire attention aux petits détails, souligne-t-il. En plus, c’est de nuit en Afrique, sur un territoire qu’on ne connaît pas trop. » Les militaires vont être parachutés à quelques kilomètres de la passe de Salvador. « On tombe sur une zone plutôt dégagée. Normalement, sur zone, cette nuit, il n’y aura pas de danger. Après, c’est plutôt demain matin... »

L’avion survole le désert sous la lueur bleutée de la pleine lune. Il faut près de deux heures de vol pour rejoindre la zone de largage sur un plateau à cinq kilomètres de la passe de Salvador.

Les légionnaires sont prêts pour le largage. Le décompte commence. C'est parti.

Cette nuit-là, deux légionnaires se blesseront en arrivant au sol : vertèbres fracturées. Ils seront évacués vers la France.

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20-04-2015 - Par Olivier Fourt