Le Sénégal adopte une loi interdisant les sacs plastiques fins

Souvent abandonnés et jetés dans la nature, les sacs plastiques sont un fléau pour l'environnement.
© AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Le Sénégal s'attaque au fléau du sac plastique. Après une première tentative en 2002 puis une seconde en 2006, une loi qui interdit les sachets légers et gratuits a été adoptée mardi par l'Assemblée nationale. D'ici six mois, ces sacs extrêmement polluants qui mettent plusieurs centaines d'années à se dégrader ne seront plus distribués au marché ou dans les boutiques.

« En adoptant la loi ce mardi, les députés ont proscrit la production, l'importation, la vente et la distribution des sachets », explique le ministre de l'Environnement Abdoulaye Baldé à la sortie de l'Assemblée nationale. Selon lui, cinq millions de sacs plastiques circulent par jour au Sénégal. Ces sacs, souvent abandonnés et jetés dans la nature, qui polluent les sols, augmentent la mortalité des animaux qui les ingurgitent et constituent un risque pour la santé des hommes.

Toutefois, cette loi ne fait pas disparaître totalement le plastique du paysage sénégalais. Les sacs épais et résistants restent autorisés. Sauf qu'ils seront désormais payants. Pour Haidar El Ali de l'Oceanium, une association écologiste, et ancien ministre de l'Environnement, la fin de la gratuité poussera les Sénégalais à réutiliser les sacs et même à les recycler.

Reste à savoir si tous les secteurs d'activité, notamment le secteur informel, respecteront cette mesure. La loi qui sera mise en application dans six mois prévoit jusqu'à 20 millions de francs CFA (30 000 euros) d'amende et six mois d'emprisonnement.

Avec cette mesure, le Sénégal rejoint ses voisins. De nombreux pays de la sous-région ont déjà interdit l'utilisation des sacs plastiques pour limiter les dégâts sur l'environnement.