Migrants: des «décisions cosmétiques», selon un ministre sénégalais

Des migrants arrivent dans le port de Trapani, en Sicile, le 17 avril 2015.
© REUTERS/Guglielmo Mangiapane

Pour répondre aux drames de la migration qui se succèdent en Méditerranée, les chefs d'Etat de l'Union européenne ont notamment décidé de renforcer les capacités de surveillance des mers et de lutter davantage contre les passeurs. Mais pour Souleymane Jules Diop, ministre des Sénégalais de l'extérieur, ces décisions ne constituent qu'une première étape. Pour lui, il faut à la fois stabiliser la Libye et accélérer le développement des pays de départs.

Depuis le début du mois de janvier 2015, 1 750 personnes ont été tuées en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Une crise humanitaire à laquelle les chefs d’Etat des 28 pays membres de l’Union européenne ont répondu en organisant un sommet extraordinaire, jeudi 22 avril. L’Union européenne a promis de tripler le budget alloué à Triton, l’opération de surveillance en mer, et de renforcer les moyens alloués à la surveillance et au sauvetage en mer.

Des mesures jugées insuffisantes par les ONG et plusieurs gouvernements, européens ou non. Souleymane Jules Diop, ministre des Sénégalais de l’extérieur, est de ceux là. « On ne s’attendait pas à des mesures extraordinaires », résume-t-il au micro de RFI. « En Europe, cela fait des décennies, au moins, que ce problème dure et, pourtant, il n’y a pas une solution définitive ».

« Tant que la Libye n'est pas stable, le problème sera là »

La décision européenne de renforcer la surveillance des mers et de détruire, en Libye, les bateaux utilisés par les passeurs sont de « bonnes mesures », juge le ministre sénégalais, mais il attend « des décisions qui peuvent attaquer le problème à la racine ». Saluant l’annonce d’une implication renforcée de la marine du Royaume-Uni, il enjoint l’Europe à aller « au-delà des décisions cosmétiques : tant que la Libye n’est pas stable, ce problème sera là ».

Sur le fond, Souleymane Jules Diop estime que l'Europe doit poursuivre ses efforts pour aider les pays du Sud à se développer, mais estime que les Africains doivent aussi se saisir du problème. « Il y aura toujours cet appel d’air, il y aura toujours ce mirage de l’Occident. Il y aura toujours ces gens que l’on montre en exemple, mais qui sont très peu nombreux. Ces jeunes qui veulent aller réussir dans le football, dans les affaires, parce qu’il y a un exemple dans le quartier ou dans la ville de gens qui ont réussi », reconnaît Souleymane Jules Diop.

Et pour en finir avec ce « mirage », le ministre sénégalais plaide pour le développement. « Aujourd’hui, les emplois ne se créent pas en Europe, ils se créent en Afrique. La croissance économique ne se réalise pas en Europe, elle se réalise en Afrique, insiste-t-il. Et c’est donc ici qu’il faudrait que nous imaginions des solutions pour garder nos jeunes, parce que nous avons besoin de notre jeunesse pour développer nos pays. »

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