RDC: dans la Province orientale, le découpage territorial fait débat

La décision du président Joseph Kabila d'opérer au découpage territorial à quelques mois d'une série de scrutin est critiquée.
© AFP PHOTO / GWENN DUBOURTHOUMIEU

Le redécoupage du pays en 26 provinces, à quelques mois d'un cycle électoral essentiel pour la République démocratique du Congo, pose toujours problème. Notamment dans la Province orientale, où les jeunes demandent un report de ce découpage territorial, normalement effectif au mois de juin prochain, selon l'ordonnance signée par le président Joseph Kabila.

Ce découpage territorial, qui figure dans la Constitution depuis environ dix ans, a été mis en relief à quelques mois des élections locales et provinciales, et à l'approche de la présidentielle de 2016. 

L'Assemblée nationale a débattu de la question la semaine dernière en demandant au président de la République, au Premier ministre et aux présidents des deux chambres du Parlement de prendre une décision responsable : oui ou non faut-il procéder à ce découpage territorial maintenant ?

A la suite de l'Assemblée nationale, des jeunes de la Province orientale ont initié une motion dont les premières signatures, au moins plus de 20 000 récoltées en quelques jours, ont été déposées au bureau du président de l'Assemblée nationale. Dans cette motion, qui doit recueillir au moins 100 000 signatures, selon la Constitution, ces jeunes demandent eux aussi que l'application du découpage territorial soit différée.

« Décentraliser ne veut pas dire diviser »

Modeste Kambala, le coordonnateur du mouvement, remet en question la pertinence du calendrier. « Dans cette histoire il y a l’impréparation – la population n’est pas préparée – il y a aussi la précipitation. Pourquoi maintenant en 2015 ? Parce que là, il y a les élections qui nous guettent. Où est-ce qu’on veut amener la population ? Nous acceptons bien, c’est une loi imposable à tous. Mais au moins cette fois-ci que le gouvernement tempère un peu. Il ne faut pas mener ces histoires trop vite comme ça. »

Il craint avant tout une incompréhension des enjeux et de la situation. « On risque d’embarquer la population dans une situation chaotique où ils ne sauront pas s’y retrouver. Là, la population comprend mal les choses. Moi, j’étais à Kisangani où les gens essaient d’interpréter les découpages. Quand on va vous demander d’aller faire la politique dans votre village d’origine, imaginez un peu ! Nous sommes Congolais ou non ? », s'indigne-t-il, au micro de RFI.

Pour Modeste Kambala, cela pourrait aboutir à des situations délicates. « La Constitution reconnaît le droit de s’installer partout au Congo, mais quand ceux de Tshopo demande à ceux de Ituri : "Vous n’êtes pas chez vous ici à Tshopo retournez à Ituri !" […] Le gouvernement devait d’abord expliquer à la population ce que nous voulons, nous sommes tous ensemble. Décentraliser ne veut pas dire diviser. »

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