Mali: un groupe pro-Bamako prend Ménaka aux mains du MNLA

Bilal Ag Acherif, le représentant du MNLA.
© AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

A Ménaka, au nord-est du Mali, les milices d'autodéfense du Gatia ont chassé les hommes du MNLA qui tenaient la ville depuis près d'un an, selon une information donnée par des habitants de Ménaka, puis confirmée par les protagonistes. Selon des sources sur place, le Gatia est rentré dans la ville à la mi-journée. La situation était calme ce lundi soir. Pour la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), à laquelle appartient le MNLA, cela revient à une rupture du cessez-le-feu.

De sources concordantes, les hommes des milices d'autodéfense du Gatia sont rentrés sans aucune difficulté dans la ville de Ménaka, sous les yeux des casques bleus de la Minusma présents sur place. Les rares habitants que RFI a pu joindre confirment avoir entendu des tirs à la mi-journée. Mais personne ne parle de combat encore moins de victimes. Les combattants du MNLA se sont rapidement repliés en dehors de la ville.

Dans un communiqué diffusé en fin de journée lundi, la Coordination des mouvements de l'Azawad qualifie cet assaut de grave violation des accords de cessez-le-feu de mai et juillet 2014. La CMA note que cette prise de Ménaka par les milices pro-Bamako intervient au lendemain d'un engagement ferme de la CMA de parapher l'accord de paix d'Alger.

« Le chef de la Minusma a rencontré Bilal ag Acherif à Nouakchott ce week-end avec des éléments nouveaux en provenance de la présidence malienne qui nous permettaient de nous engager à parapher le document », précise Mossa ag Attaher, porte-parole du MNLA. Bamako serait disposé à ouvrir des discussions sur les points de blocage de l'accord de paix avant la signature définitive de l'accord, ce qui était une exigence de la CMA.

Mais lundi soir, la prise de Ménaka par le Gatia semble remettre en question les signes d'ouverture. La CMA prend à témoin la communauté internationale de cette rupture du cessez-le-feu et l'appelle à obtenir dans les plus brefs délais le retrait des miliciens de la ville de Ménaka.