Nombre de mandats: le Sénat burundais saisit la Cour constitutionnelle

Les manifestants estiment que selon la Constitution burundaise, le président Pierre Nkurunziza ne peut pas briguer un nouveau mandat.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Mercredi au Burundi, le gouvernement semblait chercher l'apaisement, au troisième jour de manifestations ponctuées de violents affrontements entre manifestants et policiers qui ont déjà fait cinq morts par balles et plus de 250 arrestations. Par ailleurs, le Sénat a saisi la Cour constitutionnelle pour qu'elle examine la légalité d'un éventuel troisième mandat de l’actuel président.

Le Sénat burundais a saisi la Cour constitutionnelle sur la légalité d'un éventuel troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Mais les quatorze sénateurs à l’initiative de cette demande sont tous du CNDD-FDD, le parti de l’actuel président.

« Il y a eu pas mal de débats pendant pas mal de temps et après avoir mûrement réfléchi certains sénateurs se sont dits qu’il fallait qu’à un moment donné la Constitution ne soit plus interprétée par n’importe qui et surtout même par les gens de la rue, explique Gélase Ndabirabe, sénateur et porte-parole du parti au pouvoir. Un certain nombre de sénateurs ont écrit à la Cour constitutionnelle pour lui demander si l’article 96 de la Constitution, l’article 300 de la Constitution n’occasionnaient pas de problèmes pour la réélection du président de la République Pierre Nkurunziza. C’est constitutionnel, un quart des sénateurs peut s’adresser à la Cour constitutionnelle. Ce n’est pas une manipulation, ce n’est pas une précipitation, c’est parce c’est quelque chose qui est réfléchi, quelque chose qui est constitutionnel. »

Une démarche rejetée par l'opposition qui juge la haute juridiction trop proche du pouvoir contesté par la rue depuis quatre jours.

« On sait le degré d’indépendance dont jouit la magistrature dans notre pays, justifie l’opposant Charles Nditije. Nous connaissons comment ces personnalités de la Cour constitutionnelle sont nommées car la justice est loin d’être indépendante. Tout cela pour nous c’est une parodie parce que les partis de l’opposition, toutes les voix diplomatiques, les Nations unies, les USA, l’Union africaine, tout ce monde là qui lit la Constitution, qui lit l’accord d’Arusha, constate bel et bien que le président de la République ne peut pas briguer un troisième mandat sans aller contre la Constitution et l’accord d’Arusha»