Burundi: deux jours de trêve décrétés dans les manifestations

Le Collectif contre le 3e mandat promet de redoubler d'efforts dans ses manifestations si le président Pierre Nkurunziza ne renonce pas.
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Le Collectif contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza a décrété ce vendredi deux jours de trêve dans les manifestations. Le Collectif, qui regroupe un millier d'associations de la société civile et les deux centrales syndicales burundaises, appelle le président burundais à réfléchir à son projet de troisième mandat et à y renoncer avant lundi.

Cette trêve de deux jours décrétée ce vendredi par le Collectif contre le 3e mandat a plusieurs buts. « Nous allons utiliser ces deux jours à inhumer dignement les nôtres, les manifestants qui ont été tués par la police au cours des six derniers jours, explique Pacifique Nininahazwe, le président de l'organisation Fokodé et le porte-parole du Collectif. Le deuxième objectif sera d’organiser les manifestations de la semaine prochaine. »

« Mais nous voulons aussi donner deux jours de réflexion au président Pierre Nkurunziza qui devrait bien réfléchir sur les conséquences de son projet, son projet qui risque de faire couler encore plus de sang. Nous voulons qu’il réfléchisse à cela et qu’il prenne la décision de renoncer au troisième mandat avant lundi », insiste Pacifique Nininahazwe. Dans le cas contraire, le porte-parole du Collectif contre un 3e mandat prévient : « Nous serons obligés lundi de redoubler d’efforts dans nos manifestations. Nous voulons des manifestations encore plus vigoureuses ».

Mais la décision a été difficile à prendre, admet Pacifique Nininahazwe. « La plupart des manifestants veulent continuer. Ils disent qu’il faut continuer jusqu’à ce que le président renonce. Mais nous avons pensé qu’il était sage de prendre un petit répit. »

Vendredi soir, deux attaques ont causé la mort de trois personnes dont deux policiers selon la police et des témoins. Plusieurs blessés ont aussi été dénombrés. L'ONU s'alarme surtout de la répression, et notamment l'usage de balles réelles par les forces de sécurité. La Croix-Rouge burundaise a donné un dernier bilan. Hier, lors de la grande manifestation des quartiers sud, 29 civils ont été blessés. Cela porte à 66 le nombre de blessés depuis dimanche. Au total sept civils, un soldat et deux policiers sont morts. Ce vendredi soir, la police parle également de 577 arrestations. Cent quatre-vingt-trois ont été libérés après interrogatoire.