Togo: Fabre réfute la victoire de Gnassingbe et en appelle à l’OIF

Jean-Pierre Fabre, principal opposant togolais, remet en cause la réélection de Faure Gnassingbé à l'issue de l'élection présidentielle du 25 avril.
© REUTERS/Noel Kokou Tadegnon

Jean-Pierre Fabre, leader de l’opposition togolaise, persiste dans son refus de reconnaître les résultats de la présidentielle du 25 avril et se proclame vainqueur de l’élection. Le chef de file de CAP 2015 rejette les résultats présentés par seize des 42 commissions électorales locales indépendantes (Céli). Le gouvernement lui demande de présenter des preuves.

Pour Jean-Pierre Fabre, il y a 16 circonscriptions litigieuses sur les 42 de la carte électorale togolaise. Il y aurait eu des fraudes dans ces 16 circonscriptions, selon l’opposition. Le candidat a donc écarté ces circonscriptions dites litigieuses et fait ses calculs sur les 26 restants. Avec ce mode de calcul, le résultat est en sa faveur et le donne en tête, devant son adversaire Faure Gnassingbé, avec 52 % des voix.

Faure Gnassingbé, au pouvoir au Togo depuis 2005, a en effet été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par la Commission électorale (Céni), selon des résultats provisoires rendus publics mercredi 29 avril. Il aurait obtenu 58,75 % des suffrages, contre près de 34,95 % pour Jean-Pierre Fabre, selon ces chiffres qui doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. L'opposant, dès jeudi, avait prévenu qu'il ne comptait pas laisser passer ce qu'il qualifie de « coup de force électoral ».

Accusations croisées

Le ministère de l'Administration juge pour sa part que l'opposition a « une façon de faire étrange » et demande à l’opposition de présenter les preuves de ce qu’elle avance et, au lieu de crier à la fraude, de confronter ses procès verbaux avec ceux des autres candidats et ceux de la commission électorale. Chacun s’accuse donc de mauvaise foi et l’on ne voit pas bien où se trouve la porte de sortie.

Dans l’entourage de Jean-Pierre Fabre, on propose de rappeler le comité d’accompagnement mis en place par l’Organisation internationale de la francophonie pour travailler sur les circonscriptions contestées. Mais le candidat réclame pour sa part l’annulation pure et simple des 16 commissions électorales locales indépendantes litigieuses.

L’opposition aimerait aussi que la communauté internationale « porte plus d’attention à la situation togolaise », comme elle l’écrit dans un communiqué diffusé vendredi soir. C’est ce samedi, ou peut être dimanche, que la Cour constitutionnelle devrait prononcer les résultats définitifs du scrutin.

→ à lire aussi sur le même sujet la chronique de Jean-Baptiste Placca : « Togo : une démocratie tétraplégique »

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