Nigeria: Reportage dans le camp des rescapés de Boko Haram

Des femmes rescapées de Boko Haram, dans le camp de Malkohi, le 3 mai 2015.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, les autorités militaires ont transféré près de 275 anciens otages de Boko Haram dans un camp, dans l’Etat de l’Adamawa au sud de Borno. La plupart sont des femmes et des enfants et reçoivent des soins dans ce camp supervisé par l’agence nationale de gestion des urgences en présence d’équipes de la Croix-Rouge. Le correspondant de la rédaction en langue hausa de RFI a pu se rendre dans ce camp et recueillir leurs témoignages.

Le camp Malkohi est installé dans une école secondaire à vingt kilomètres de Yola. Le correspondant de RFI du service hausa, confirme que des enfants en état de malnutrition chronique ont été placés sous perfusion dans ce camp supervisé par l’agence nationale de gestion des crises en présence d’équipes de la Croix-Rouge.

Il y a aussi rencontré des femmes traumatisées, exténuées de leur capture qui a duré pour certaines des semaines, pour d’autres des mois. Plusieurs d’entre elles ne peuvent même plus parler.

Mais Regina a accepté de se confier : « Mon nom est Régina. Nous avons terriblement souffert à cause de Boko Haram. Les insurgés ont tué tous nos maris, ils nous ont arrachées à nos maisons pour nous emmener de force dans la forêt de Sambisa, où nous avons été maltraitées. Ils ont fait de nous des esclaves. De nombreuses femmes sont mortes dans cet endroit. Nous sommes reconnaissantes envers l’armée nigériane pour avoir permis notre libération. Nous avons beaucoup souffert, nous avons été témoins de scènes que jamais nous ne pensions voir un jour. De nombreux enfants ici sont orphelins. Nous, nous sommes veuves, donc c’est bouleversant, et nous sommes traumatisées. »

Les femmes ont été kidnappées lors de rapts séparés dans différents districts des Etats de Borno et de l’Adamawa. Des équipes de la Croix-Rouge leur apportent des soins médicaux. Au moins douze personnes ont dû être hospitalisées pour des blessures par balle, d’autres présentent des fractures ou des commotions crâniennes. On ignore si celles-ci remontent à leur captivité ou à leur libération.

De leur libération, on ne sait pas grand-chose. L’armée nigériane se garde aussi de préciser si les femmes subiront des interrogatoires poussés pour déceler d’éventuelles complices, des insurgés parmi les groupes d’ex-captives. Des raisons de sécurité commandent cette discrétion, mais aussi semble-t-il, le respect et la pudeur.

Joint par RFI, un responsable militaire confie : « On commence juste à comprendre ce qu’elles ont subi, donc pour les vraies questions il est encore trop tôt. » L’armée affirme avoir libéré au total près de 700 captives la semaine dernière dans la forêt de Sambisa. La plupart sont des femmes et des enfants.

Des enfants qui ont été détenus par Boko Haram dans la forêt de Sambisa, dans le camp de rescapés de Malkohi, le 3 mai 2015. © REUTERS/Afolabi Sotunde

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