RCA: au Forum de Bangui, les participants livrent leur témoignage

Une femme emmène ses affaires pour se réfuigier dans une église après une attaque des ex-Seleka, le 16 avril 2014.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le deuxième jour du Forum de réconciliation à Bangui a accueilli quelque 600 participants, mardi 5 mai. La présidente de la transition Catherine Samba-Panza a insisté sur la nécessité que ce rendez-vous aboutisse sur des résultats concrets et pour cela la prise en compte de la parole des populations est centrale.

Des grands débats nationaux de réconciliation, la Centrafrique en a connu pas moins de cinq, échelonnés de 1980 à aujourd'hui. Intitulés selon les époques, « séminaire de réflexion », « conférence de réconciliation », ou « grand débat national ». Dans son discours d'ouverture du Forum de Bangui, la présidente Catherine Samba-Panza n'a pas caché cette « triste tradition des rendez-vous manqués », pour reprendre les mots du médiateur congolais Denis Sassou Nguesso.

La Centrafrique est le pays qui a organisé le plus de dialogues nationaux, et pourtant c'est le pays qui a connu le plus grand nombre de crises à répétition, estime Catherine Samba-Panza. Le forum de Bangui ne doit pas être un forum de plus a-t-elle répété, mais un cadre intégrateur de toutes les sensibilités.

Pour ça, le gouvernement de transition a pris soin de s'intéresser aux populations par le biais des consultations populaires à la base. Les précédents forums se sont contentés de réconcilier les politiques entre eux, lit-on dans le rapport du comité préparatoire au forum de Bangui. Ce rapport insiste sur la nécessité de prendre en compte la parole du peuple.

« Il n’y aura pas d’amnistie »

Pour cela, différents intervenants se sont succédés. Tantôt hués, tantôt applaudis, ils se sont exprimés, ont dit ce qu'ils avaient sur le cœur. Olga Mouté, représentante de la préfecture de l'Ouham, a exposé son cas personnel pour dire le besoin de pardonner : « Dans la sous-préfecture de Bouca, il y a eu beaucoup de dégâts. Ce sont les musulmans de la Seleka qui sont venus distribuer des armes et c’est comme ça qu’on a tué au moins 750 chrétiens, brûlé 1 500 maisons. On a tué ma mère, mes parents, mais j’ai décidé de pardonner parce qu’il faut pardonner pour tout recommencer. »

Pour la société civile, Gervais Lakosso a insisté sur l'impérieuse nécessité, dit-il, de juger les responsables des exactions : « Pas de réconciliation ou bien plus de réconciliation sans justice. On ne va pas au cours de ce Forum distribuer l’amnistie aux gens comme des bouts de pain. Ca ne se fera pas quels que soient les justificatifs que les gens donneront de leur mouvement, il n’y aura pas d’amnistie. Les gens doivent répondre de leurs actes. »

Du côté des groupes armés, on est plus mesuré. Patrice Edouard Ngaissona, le coordonnateur général des anti-balaka ne veut pas voir ses enfants, dit-il, jugés comme des malfrats alors qu'ils ont défendu le pays. Les différentes problématiques abordées vont être approfondies mercredi durant les commissions thématiques.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.