Guinée: ne pas baisser la garde avant la fin de l’épidémie d’Ebola

Message de prévention sur le virus Ebola à Conakry en Guinée, le 26 octobre 2014.
© REUTERS/Michelle Nichols

Les chiffres sur l’état de l'épidémie d'Ebola n'ont pas été aussi bas depuis presque un an. La semaine dernière, la Guinée et la Sierra Leone ont enregistré moins d'une dizaine de nouveaux cas. « C'est un progrès extraordinaire », a déclaré mardi le Dr David Nabarro, coordinateur des Nations unies pour la lutte contre le virus. La tendance est claire depuis plusieurs semaines, ce qui donne de l'espoir sur le terrain, en Guinée notamment.

La Guinée revient de loin. Fin 2014, certaines communautés ne rapportaient toujours pas les malades. D'autres pratiquaient encore des inhumations clandestines. Les autorités ont alors créé alors un maillage pour surveiller toutes les populations à risque, en déployant plus d'agents et en s'appuyant sur les religieux ou les notables.

Avec neuf cas la semaine dernière, les progrès sont donc significatifs. Pour le docteur Elhadj Ibrahim Bah, du Centre hospitalier Donka à Conakry, les campagnes de sensibilisation ont payé : « Il y a eu Ebola ça suffit, il y a eu des journées de confinement. Si on maintient le cap tel qu’il est actuellement, on peut être à l’abri d’une nouvelle flambée. Grâce au travail de sensibilisation sur le terrain, nous rencontrons moins de résistance et plus de compréhension. »

Elisabetta Maria Faga est coordinatrice d'urgence pour MSF Guinée. Selon elle, la vigilance doit toutefois rester totale : « L’attitude des acteurs, la vitesse des réponses et des interventions se sont beaucoup améliorées. Il y a des accidents qui se répètent, mais ils sont beaucoup plus limités. En revanche, il ne faut pas oublier qu’il y a déjà eu deux fois des fortes baisses et à chaque fois, c’est remonté. »

Si tout va bien, le Liberia déclarera la fin de l'épidémie samedi. La Guinée en est encore loin. Une attaque contre des humanitaires a encore été recensée à Macenta début avril. L'OMS pointe de son côté que la moitié des nouveaux malades sont des contacts qui n'avaient pas été répertoriés.