Viols en RCA: le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

En France, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire sur les allégations de viols d'enfants en RCA.
© DR

En France, l’enquête s'accélère dans l'affaire des viols présumés d'enfants centrafricains par des soldats français de l’opération Sangaris. Après les révélations de la semaine dernière, le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une information judiciaire.

C'est une étape cruciale : la fin de l'enquête préliminaire et l'ouverture d'une information judiciaire pour viol sur mineur de 15 ans par personne abusant de l'autorité conférée par leur fonction, et complicité. La prochaine étape, c’est donc la nomination de juges d'instruction.

Le parquet explique avoir ouvert une enquête préliminaire sur la base de la note confidentielle de l'ONU. Ce fameux rapport - dont RFI s'est procuré une copie - et dans lequel sont consignés six entretiens avec des enfants, victimes présumées ou témoins de viols. En tout, quatorze militaires français sont mis en cause par ces enfants.

Alors, pourquoi agir aussi tardivement ? Il y a neuf mois, lorsqu'ils se sont rendus à Bangui, les gendarmes prévôtaux ont effectué un certain nombre de vérifications et d'interrogatoires, mais n'ont pas pu auditionner les enfants. En septembre, le parquet de Paris a demandé à l'ONU de lever l'immunité de l'enquêtrice qui a mené les entretiens avec les enfants, pour pouvoir l'interroger. L'ONU a refusé. Le parquet s’est donc contenté d'un interrogatoire écrit dont les réponses ne sont revenues que le 29 avril, il y a une semaine.

L'enquête judiciaire pourra s'appuyer sur le rapport de commandement, les investigations menées parallèlement, en interne, par l'armée. Un rapport la déclassification est en cours, indique-t-on au ministère de la Défense.


Rappel des faits

Les informations quant à ces viols présumés sont parvenues à la justice française il y a déjà neuf mois mais n'ont été révélées que récemment. Comment cette nouvelle a fini par atterrir sur la place publique ?

Ce qui a propulsé cette information au premier rang de l'actualité, ce ne sont pas les faits en eux-mêmes, mais la suspension d'un haut fonctionnaire de l'ONU au bureau des droits de l'homme, Anders Kompass. Il a été placé en congé sans solde le 17 avril dernier, accusé d'avoir fait fuiter un rapport d'enquête aux autorités françaises. Ce rapport, c'est la série d'entretiens menés en Centrafrique et relatifs aux viols présumés. Anders Kompass aurait trouvé que les Nations unies n'avançaient pas assez vite et a décidé de divulguer le rapport à la justice française en juillet 2014.

L'information révélée récemment par le quotidien britannique The Guardian prend une ampleur incroyable. Le président français François Hollande ne tarde pas a réagir, promet d'être implacable si les faits sont avérés.

Depuis une semaine, les annonces se succèdent. Bangui a ouvert sa propre enquête tandis qu'à Paris, les autorités militaires ont annoncé que les investigations menées en interne allaient être déclassifiées. Cela devrait permettre certaines avancées notamment quant à l'identification des présumés violeurs.

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