Burundi: calme relatif à Bujumbura

Un manifestant brandit une pancarte contre la candidature du président Nkurunziza, à Bujumbura, le 6 mai.
© AFP PHOTO / PHIL MOORE

Au Burundi, alors que le principal opposant du pays, Agathon Rwasa, a déposé ce samedi 9 mai sa candidature à la commission électorale, le Collectif contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza observe une trêve des manifestations. La pause des manifestations est globalement respectée, mais on signale de nouvelles exactions dans un quartier de Bujumbura, la capitale.

Vendredi 8 mai, les forces de sécurité ont reçu l’ordre de dégager toutes les barricades. Mais ce matin, elles étaient de retour dans la plupart des quartiers, souvent remplacées par des conteneurs ou des boutiques en tôle, déplacées au milieu des routes. Les autorités ordonnent ce samedi le déblayage de ces barricades sous 48 heures.

A Cibitoke, la population a remis aux militaires un jeune en tenue militaire capturé pendant la nuit. Selon les manifestants, il serait venu dans le quartier avec une grenade. Il a été battu, de l’aveu même des manifestants, avant d’être livré. « Nous ne savons pas qui est ce jeune qui se baladait en tenue, mais ce n’est pas un militaire », indique un officier à qui le jeune a été remis.

Des opérations de déblayage pour « libérer la population, otage des manifestations », selon les autorités, ont commencé dès vendredi soir à Nyakabiga, un quartier où la veille, un jeune identifié comme membre de la Ligue de la jeunesse du parti au pouvoir a été tué. Les habitants dénoncent une opération de répression menée par la police dans la soirée, avec des tirs à balles réelles qui auraient fait plusieurs morts et blessés. En fin de matinée, des chants retentissaient dans ce quartier.

Plusieurs membres du Collectif anti-troisième mandat se sont rendus, ce samedi en fin de matinée, dans le quartier de Nyakabiga, pour réconforter les victimes de la veille. Le Collectif a tenu également à donner des consignes très claires pour éviter tout acte de violence, en annonçant notamment la mise en place de comités de sécurité dans les quartiers, chargés de sanctionner ceux qui parmi les manifestants trahiraient « l’idéal de non violence » du mouvement de contestation.

Sur les exactions signalées, Charles Nditije, un dirigeant de l’Uprona, un parti non reconnu par le gouvernement, accuse le gouvernement d'encourager la violence :

« Cette expédition punitive intervient quelques heures après la signature, par le gouvernement, par le parti CNDD-FDD, par les partis qui s’expriment contre un troisième mandat ainsi que la Société civile, pour bannir toute forme de violence de quelque côté qu’elle provienne. Et le gouvernement, le CNDD-FDD, sur injonction du président de la République, a été le premier à violer cette déclaration. Et cela est aussi d’autant plus choquant que la veille, il y avait une mort atroce - que nous avons condamnée par ailleurs - d’un militant des Imbonerakure qui a été sauvagement assassiné ici.

Le gouvernement a délégué quatre de ses membres pour venir constater les dégâts alors que, depuis deux semaines, des citoyens paisibles qui manifestaient pacifiquement ont été sauvagement assassinés. Néanmoins, le ministre de la Défense et les autres membres du gouvernement n’ont pas daigné se déplacer comme s’ils disaient : "il y a des citoyens qui peuvent tomber comme des mouches parce qu’ils sont contre le troisième mandat qui est anticonstitutionnel, qui est contre les accords d’Arusha" ».

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