Burundi: pourquoi les négociations entre les parties sont bloquées

L’envoyé spécial des Nations unies, Saïd Djinnit, censé faciliter les discussions.
© AFP/SEYLLOU

Depuis plusieurs jours au Burundi sous l’égide de l’ONU et de son envoyé spécial Saïd Djinnit, ont lieu des discussions entre représentants du gouvernement, du parti au pouvoir, de l’opposition et de la société civile pour tenter de sortir de la crise. Vendredi matin, on annonçait la possible signature d’un accord. Mais finalement, cela s’est traduit par un appel commun à la non-violence. Et la société civile, clé de voute de la contestation anti-troisième mandat, a décidé de se retirer.

Pour le camp présidentiel, pas question de discuter d’un retrait de la candidature de Pierre Nkurunziza. La Cour constitutionnelle a déjà tranché cette question, explique-t-on.

Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome, l’Observatoire de lutte contre la corruption, participait aux discussions. Il explique les raisons de son retrait : « Ils voulaient qu’on traite les conséquences alors qu’il y a les causes. La cause, c’est la candidature de Pierre Nkurunziza, assène-t-il. La société civile a une revendication qui est le retrait officiel de la candidature du président actuel. »

Les conséquences, explique-t-il, ce sont les arrestations de manifestants, les mandats d’arrêt contre des leaders du mouvement de contestation ou encore la fermeture de la Radio publique africaine et des émetteurs de Bonesha FM et de Radio Insanganiro.

Les autorités ont proposé de revenir sur toutes ces mesures en échange de l’arrêt des manifestations. Accepter serait une prime à la répression, explique un autre responsable, soulignant que l’ONU devrait œuvrer pour restaurer le droit de manifester au Burundi. Depuis vendredi, les forces de sécurité ont ordre de dégager par la force toutes les barricades installées par les manifestants.

Autre sujet débattu, autre sujet de frictions : le report des élections législatives et communales souhaité par l’opposition. Mais le président Nkurunziza a signé hier, vendredi, le décret fixant le début de la campagne électorale à dimanche. Ce sont des signaux qui compliquent toute tentative de dialogue, reconnaît un diplomate occidental.

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