Ebola: un rapport de l’ONU dénonce les défaillances de l’OMS

Margaret Chan, directrice de l'OMS, demande à la communauté internationale de se mobiliser pour aider les pays confrontés à Ebola en Afrique de l'Ouest, le 8 août 2014.
© REUTERS/Pierre Albouy

Un groupe d'experts indépendants a été mis en place, le 9 mars, par les Nations unies pour évaluer « tous les aspects de l'action de l'OMS » face à l'épidémie Ebola. Ce groupe de sept experts, présidé par la Britannique Barbara Stocking, ancienne présidente d'Oxfam Grande-Bretagne, a rendu ce lundi 11 mai son rapport. Le retard et surtout les défaillances de l'OMS dans la gestion de l'épidémie y sont dénoncés. L’épidémie d'Ebola a fait plus de 11 000 morts en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, les trois pays ouest-africains les plus touchés.

Le rapport pointe tout d'abord le retard à l'allumage de la machine OMS. L'organisation mondiale de la Santé a déclaré l’épidémie d’Ebola une « urgence de santé publique mondiale » seulement le 8 août alors que des avertissements précoces avaient été lancés depuis les mois de mai et juin. Le groupe d'experts ne comprend toujours pas pourquoi ces alertes n'ont pas abouti à une réponse adéquate et sérieuse.

Autre dysfonctionnement, et non des moindres, concerne la riposte internationale qui n'a pris de l'ampleur qu'en septembre, lorsque l'ensemble du système des Nations unies a réagi et qu'une autre structure, la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola, a été créée. Ainsi, l’OMS n’a pas « cherché le soutien d’autres agences de l’ONU » et des ONG spécialisées dans l’humanitaire. Si cela avait été fait à un « stade précoce », cela aurait pu faire « éviter la crise » qui a conduit à la nécessité de la création de ces structures, indique le rapport.

Mise à l’index dans le rapport, l’OMS, dont les Etats-membres se réuniront en Assemblée générale annuelle le 18 mai, tente de faire bonne figure. « C’est nécessaire d’avoir un examen indépendant, mais le comité n’a pas encore eu le temps de faire les confrontations dans les pays touchés. Mais pour nous, c’est absolument nécessaire que ce rapport soit prêt avant l’assemblée mondiale de la Santé afin que les Etats membres puissent évaluer les conclusions et formuler des recommandations », a déclaré Harris Margaret, porte-parole de l’organisation.

En dehors des dénonciations, des accusations et des manquements, le document fait aussi des propositions concrètes. Il demande notamment de renforcer la capacité opérationnelle de l'OMS en mettant sur pied un fonds d'urgence ainsi qu'une force internationale d'intervention sanitaire qui pourrait être mobilisée immédiatement.

Il est également recommandé à l’organisation de mettre en place une équipe pluridisciplinaire qui serait déchargée de ses autres fonctions pour mieux répondre à l'urgence. Enfin, une structure de commandement claire et unique au sein de l'agence doit être créée le plus tôt possible.