Burundi: fin du soutien électoral de la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas

Un manifestant brandit une pancarte contre la candidature du président Nkurunziza, à Bujumbura, le 6 mai.
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C'est un coup dur pour le Burundi : la Belgique, ancienne tutelle de ce pays et premier contributeur bilatéral au financement de son processus électoral, a annoncé qu'elle suspendait le décaissement des deux millions d'euros restants, alors que les premières élections sont prévues d'ici deux semaines. Elle a été rejointe par un autre gros contributeur, les Pays-Bas, ainsi que la Suisse.

La Belgique, les Pays-Bas et la Suisse estiment que les conditions pour l'organisation d'élections libres, transparentes et apaisées ne sont pas remplies au Burundi. L'ambassadeur de Belgique au Burundi, Marc Gedopt, espère que la mobilisation internationale arrivera à résoudre cette crise rapidement : « On espère que dans les jours qui viennent, la médiation de monsieur Djinnit, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, et aussi la réunion de la communauté est-africaine, peuvent mettre le processus à nouveau sur les rails ».

Et l’ambassadeur va plus loin en détaillant les conditions pour que les trois pays reviennent sur leur décision : « Pour nous ce qui est important c’est que des élections puissent se faire dans une atmosphère réellement apaisée. Il faut que tous les partis soient capables de faire campagne, que la presse puisse jouer pleinement son rôle. Et quatrièmement, il y a des intimidations sur différents niveaux, des gens qui perdent leur travail, des gens qui sont menacés. Le minimum doit être fait pour contrarier ces éléments ».

Une position que ne partage pas du tout le pouvoir en place au Burundi. Depuis la province de Muyangi, où se tenait le premier meeting de campagne de son parti, le CNDD-FDD, le président Pierre Nkurunziza a assuré pour sa part que les conditions étaient en contraire réunies pour des élections libres et transparentes surtout au regard de l’histoire du pays : « Nous disons que toutes les règles de conditions sont réunies pour l’organisation des élections. Si on fait la comparaison avec les élections que l’on a connues dans les années 1965, 1993, ou bien en 2005, en 2010, nous disons qu’aujourd’hui les conditions sont réunies, elles sont meilleures par rapport à celles qu’on a connues dans le passé. Parce qu’imaginez-vous, qu’à l’époque on avait presque un million de réfugiés qui étaient à l’extérieur du pays. Maintenant presque la totalité est revenue au Burundi ».

Pour le président Nkurunziza, toutes les institutions sont bien en place pour garantir les scrutins à venir : « Il y a la Céni (commission électorale nationale indépendante), il y a les démembrements de la Céni, il y a les fonds qui sont alloués pour les élections, il y a aussi la volonté des partis politiques. Et nous avons presque quinze partis qui se sont organisés pour participer aux élections ».