Afrique du Sud: des associations dénoncent les arrestations d'immigrés

Un soldat sud-africain monte la garde pendant une opération de police dans le township d'Alexandra, le 23 avril 2015.
© REUTERS/Mike Hutchings

Les associations de défense des droits de l'homme s'insurgent contre les récents raids de la police et les « arrestations massives » d'immigrés en Afrique du Sud. Aucun chiffre officiel n'a été publié, mais ils seraient près de 1 000 clandestins présumés à avoir été arrêtés ces deux dernières semaines à Johannesburg et Durban, dans le cadre de l'opération « Fiela » (raids conjoints entre l'armée et la police). Des interpellations jugées contraires à la Constitution par les ONG.

L'opération Fiela a été lancée officiellement pour combattre le crime et mettre fin aux violences xénophobes. Mais depuis deux semaines, les raids de l'armée et de la police visent aussi les étrangers sans-papiers. Plus de 300 personnes ont été arrêtées vendredi dernier dans une église du centre de Johannesburg, connue pour être un refuge pour les étrangers.

Steve Faulkner est membre de la Coalition contre la xénophobie. « C'était véritablement une opération militaire, témoigne-t-il. Ces personnes, et notamment des femmes et des enfants, ont été emmenées au commissariat comme de vulgaires criminels. »

Les avocats de l'ONG Lawyers for Human Rights estiment que les droits de ces clandestins présumés n'ont pas été respectés. « Ces arrestations ont été menées sans aucun respect des droits constitutionnels des personnes arrêtées. C'est pour cette raison que nous souhaitons rencontrer autant de détenus que possible, pour voir si cette opération a bien été conduite dans le cadre de la loi », explique Steve Faulkner.

Pour la coalition contre la xénophobie, l'action du gouvernement est contre-productive et même dangereuse. « Au lieu de se focaliser sur la crise sociale, ces opérations donnent l'impression que la criminalité est une conséquence de la présence de personnes sans-papiers dans notre société. Ce n'est pas de cette manière que l'on combat la xénophobie. En faisant ça, on renforce et on justifie la xénophobie. »

Première victoire cependant pour les défenseurs des droits de l'homme : la justice a finalement autorisé les avocats à rencontrer les immigrés arrêtés ces derniers jours. Leur expulsion a également été suspendue temporairement.

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