Burundi: de la crise à la tentative de coup d'Etat

Bujumbura, ce 13 mai 2015, après la tentative de coup d'Etat contre Pierre Nkurunziza.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Au Burundi, l’ex-chef d’état-major Godefroid Niyombaré a annoncé mercredi 13 mai la destitution du président Pierre Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie pour un sommet régional sur la crise dans son pays. Une crise qui a débuté en avril, au lendemain de la désignation du président Nkurunziza comme candidat de son parti, le CNDD-FDD, à la présidentielle. Comment en est-on arrivé là ?

Les manifestations débutent le 26 avril, au lendemain de la désignation du président Pierre Nkurunziza comme candidat de son parti, le CNDD-FDD, à la présidentielle.

Elles sont immédiatement interdites par le pouvoir, et les protestataires sont bloqués dans les quartiers périphériques de la capitale, pour les empêcher de converger vers le centre de Bujumbura. Mais rien n'y fait. Des barricades sont érigées et les manifestations sont quotidiennes. L'armée, déployée à l'intérieur du pays, et la police dans la capitale, répriment.

L'Union européenne, les Etats-Unis et la Suisse appellent le gouvernement à reporter les élections et dans la foulée, les Pays-Bas et la Suisse annoncent la suspension de leur aide électorale, rejoignant ainsi la Belgique qui, quelques jours plus tôt, avait interrompu sa coopération policière.

Dimanche 10 mai, les manifestations prennent une autre tournure. Pour la première fois, des femmes se rassemblent devant le ministère de l'Intérieur et chantent : « On veut la paix, l'unité, la démocratie ».

Mardi 12 mai, des centaines de manifestants, dont de nombreuses jeunes filles, se rassemblent à Butarere, où se trouve l'aéroport international de Bujumbura, à une dizaine de kilomètres au nord du centre-ville. Un manifestant est tué par balle, portant le bilan des morts à au moins une vingtaine.

Mais cela n'entache pas la détermination des adversaires au troisième mandat qui, pour la première fois, parviennent à se rassembler ce mercredi 13 sur la place de l'Indépendance, en plein centre-ville.

La suite est connue. Le président Pierre Nkurunziza s'envole pour Dar es-Salaam, en Tanzanie, pour participer à un sommet des chefs d'Etat de la Communauté est-africaine. Son ancien chef du service de renseignement, le général Godefroid Nyombaré, en profite pour le destituer.

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