Burundi: la communauté internationale condamne la tentative de coup d'Etat

Vue d'une rue de Bujumbura, le 14 mai 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

La communauté internationale a vivement réagi à la tentative de coup d'Etat qui a échoué au Burundi. L’Union africaine a tenu ce jeudi 14 mai une réunion d’urgence  sur cette situation et le secrétaire général de l'ONU a de son côté condamné « toute tentative d'évincer par la force un gouvernement élu». Il appelle néanmoins « au strict respect de la Constitution du Burundi et de l'accord d'Arusha ».

Le Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine (CPS) a condamné fermement jeudi « toute tentative de prendre le pouvoir par la force » au Burundi. Cela est contraire, a dit le Conseil, à tous les principes de l’UA. Un message adressé directement au général putschiste Godefroid Niyombaré.

Le Conseil n’a cependant pas appellé pas à reporter les élections au Burundi, comme l’ont pourtant demandé les chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’Est mercredi en Tanzanie. Seule mesure concrète annoncée par le CPS : l’envoi d’une mission d’observation des droits de l’homme au Burundi, sans toutefois donner aucun détail sur son déploiement. 

La présidente du CPS, la nigérienne Amina Diallo Djibo mise d’abord sur la médiation du panel des sages qui se trouve actuellement à Bujumbura. « Le panel des sages de l’UA est le seul sur le terrain, car les frontières sont pour le moment fermées. Tout le travail repose sur les épaules de ce panel. Les sages font tout ce qui est possible pour faire rentrer la situation dans l’ordre », dit-elle.

Appels au respect de la Constitution

L’UA n’a pas demandé le report des élections, comme l’a fait la communauté d’Afrique de l’Est. L’UA évite également de se prononcer sur la décision du président Nkurunziza de briguer un trosième mandat. Un pas qu’a pourtant franchi la présidente de l’UA Dlamini-Zuma en appelant le chef de l’Etat burundais à respecter la Constitution de son pays.

Dans la même tonalité, le secrétaire général de l'ONU a également condamné dans la soirée de jeudi « toute tentative d'évincer par la force un gouvernement élu », tout en appelant lui-aussi « au strict respect de la Constitution du Burundi et de l'accord d'Arusha ». Dans une déclaration, la présidente du Conseil de sécurité des Nations unies a elle aussi dénoncé le coup, et a appelé au calme, ainsi qu'à la tenue « d'élections crédibles ». Dans une phrase qui pourrait être interprétée comme une critique implicite aux partisans du président Nkurunziza, elle ajoute que le Conseil condamne également « ceux qui facilitent la violence, quelle qu'elle soit, contre les civils ».

La présidente du Conseil, la lituanienne Raimonda Murmokaité, a également menacé de « répondre aux actes de violence au Burundi qui menacent la paix et la sécurité ». L'envoyé spécial de l'ONU Saïd Djinnit devrait tenter de regagner Bujumbura depuis le Kenya dès que possible.

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