Nord du Mali: les groupes armés ont paraphé l'accord de paix d'Alger

Bilal Ag Chérif, secrétaire général du CMA, au moment du paraphe du projet d'accord de paix inter-malien, jeudi 14 mai à Alger.
© REUTERS/Zohra Bensemra

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui regroupe les principaux mouvements armés du nord du Mali, a finalement paraphé le projet d'accord de paix inter-malien, ce jeudi 14 mai à Alger, plusieurs semaines après les autres participants aux pourparlers de paix inter-maliens. Avant toute signature définitive, la CMA exige néanmoins de nouvelles discussions et des amendements sur certains articles de l'accord de paix.

Des diplomates, des représentants de la médiation et des représentants de la communauté internationale se sont réunis ce jeudi en fin de matinée à Alger. La secrétaire d'Etat adjointe américaine chargée de l'Afrique avait elle aussi fait le déplacement.

Il y avait également des représentants de la Plateforme, une vingtaine de personnes de la Coordination - qui regroupe les principaux groupes rebelles arabes et touaregs du nord du Mali - et un représentant de l'Etat malien.

Assis à une table installée au pied de la tribune, Bilal Ag Chérif a finalement apposé ses initiales sur les pages du texte d'accord. Le paraphe a été suivi d'applaudissements, et le ministre algérien des Affaires étrangères a évoqué une « victoire de la sagesse ». Le paraphe a eu lieu ce jeudi à Alger, mais le grand jour aura-t-il lieu demain, ce vendredi, à Bamako ? Tous les intervenants de la médiation et de la communauté internationale, ainsi que la Coordination, devaient signer ce texte à cette date.

Mais la CMA explique qu'elle n'envisage pas de se rendre à Bamako ce vendredi. Dans un discours, son représentant a dit : « Parapher et signer sont pour nous deux choses juridiquement distinctes. » Dans un communiqué, la CMA écrit : « Aucun mécanisme de garantie à l'égard des violations du cessez-le-feu n'a été véritablement mis en place tout au long du processus, ce qui renvoie vers la position légitime de la CMA demandant que des assurances lui soient données pour éviter toute nouvelle escalade. »

En fait, la Coordination demande plus de garanties et souhaite pouvoir rencontrer le gouvernement du Mali avant de signer cet accord. Mais « en dépit de toutes ces contraintes, la CMA consent, dans un esprit d'équité et de bonne foi, de parapher le document ».

Les uns après les autres, les représentants de la médiation ont appelé la Coordination à signer le texte, estimant qu’il y avait urgence. Les diplomates ont également répété leurs inquiétudes face aux violations du cessez-le-feu. Pour clore la cérémonie, Ramtane Lamamra a indiqué qu’il se rendait à Bamako pour « un rendez-vous avec l’histoire ». Deux heures plus tard, des membres de la Coordination partaient eux pour Kidal.

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