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Burundi

Burundi: un hôpital attaqué lors de la traque des putschistes

Des policiers devant les locaux de la Radio publique africaine (RPA), à Bujumbura, le 26 avril 2015.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Retour sur un événement qui a beaucoup choqué au Burundi. Jeudi, juste après l’attaque contre la radio nationale, les militaires putschistes ont été traqués. Trois soldats qui étaient blessés avaient été accueillis à l’hôpital privé de Bumerec. Dans les heures qui ont suivi, cet hôpital à l’intérieur duquel se trouvaient toujours le personnel médical et les patients civils a été attaqué par les forces de sécurité.

Il s’agit d’un épisode particulièrement violent survenu le jeudi 14 mai, en fin d’après-midi à Bujumbura. Une information que RFI a pu enfin recouper en se rendant sur les lieux. L’hôpital privé de Bumerec a été le théâtre de tirs nourris. L’hôpital se situe aux environs du quartier de Kibenga où se trouvaient les généraux putschistes qui ont ensuite été arrêtés. Il s'agissait visiblement une opération de police et de l’armée pour retrouver le général Cyrille Ndayirukiye. Ils ont donc reçu des informations selon lesquelles des militaires se cachaient dans cet hôpital en particulier.

 

Trois militaires blessés - dont deux sérieusement - s’étaient effectivement retrouvés dans cet hôpital pour y être soignés. L’un d’eux était blessé au thorax et l’autre à la tête. Ils avaient alors été amenés immédiatement aux urgences. C’est aux environs de 15 h que « la police a fait irruption là-bas jusque dans la salle d’urgence », selon des témoignages recueillis par RFI. A ce moment-là, le militaire qui était à l’intérieur, aurait « tiré sur un policier pour essayer de l’éloigner », selon plusieurs témoins. Le policier aurait été blessé. La police aurait donc reflué et serait revenue beaucoup plus tard, attaquant l’hôpital.

Selon le personnel de l’hôpital, « les médecins et les blessés ont été évacués ». Il y a eu une sorte de fouille systématique de l’hôpital et suite à cela, les forces de sécurité se sont rendu compte qu’il n’y avait que ces trois militaires et que les généraux putschistes ne s’y trouvaient pas.

Les dégâts sont impressionnants. Le personnel de l’hôpital est très choqué par cette situation. L’hôpital en effet, qui est un lieu censé être neutre, s’est retrouvé le théâtre de violences, avec des vitres brisées, du sang par terre, des douilles de balles un peu partout et le matériel informatique complètement cassé. « Il faut respecter le droit humanitaire international sinon, nous pouvons être attaqués et les autres hôpitaux peut-être aussi », dit le personnel de l’hôpital Bumerec. Prudence donc et respect envers le personnel médical.

 

Inquiétude des personnels étrangers

Au Burundi, l’inquiétude est également palpable chez les internationaux. Les grandes compagnies aériennes n'ont pas repris leur vol vers ou depuis Bujumbura, l'ambassade des Etats-Unis évacue son personnel non essentiel. Certaines organisations non gouvernementales ont décidé de relocaliser temporairement leur personnel dans les pays voisins.

Cette humanitaire quitte Bujumbura : « On ne sait pas trop comment la situation va se développer et on s’est dit qu’il fallait mieux qu’on parte avant que ça "pète" trop à nouveau. Mais on espère revenir quand même bientôt ».

« On n’a pas beaucoup d’infos, poursuit cette personne. On ne sait pas si c’est vrai mais on entend qu'il y a des représailles dans les quartiers, que les gens sont menacés, qu’on leur tire dessus. C’est vrai que c’est un peu calme depuis deux jours, depuis la tentative de coup d’Etat, mais on ne sait pas du tout comment ça va se développer ».

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