Madagascar: un militant écologiste emprisonné

Le bois de rose est l’objet d’un juteux trafic à Madagascar. C’est un bois qui est très recherché par les Chinois qui le considèrent depuis l’époque impériale comme le bois le plus précieux au monde.
© Wikimedia

A Madagascar, les grands trafiquants de bois de rose sont puissants, et leurs ressources leur garantissent une certaine impunité, malgré les dénonciations des ONG et les promesses des autorités. Un de ces défenseurs de l'environnement est actuellement emprisonné et accusé de diffamation. Ses collègues font appel aux autorités pour faire la lumière sur cette affaire, mais aussi, plus généralement, pour mieux protéger les défenseurs de l'environnement.

Armand Marozafy est guide écotouristique, actif dans plusieurs organisations. En février dernier, il envoie un rapport censé rester confidentiel à deux ONG, dans lequel un important opérateur économique local est accusé de collusion avec les trafiquants. Mais le document est publié sur les réseaux sociaux et l'entreprise porte plainte.

Le militant est-il coupable de diffamation ? Le collègue d'Armand Marozafy, Clovis Razafimalala, coordonnateur de Lampogno, organisation de la société civile qui œuvre contre l'exploitation du bois de rose, prend sa défense et demande à la justice de faire la lumière sur cette affaire. « Il accuse d'être trafiquants de bois de rose des opérateurs touristiques de Maroantsetra qui sont très puissants là-bas et cet article est apparu sur Facebook. Mais à mon avis, ce n’est pas Armand qui a publié cette lettre parce que nous, on a déjà travaillé depuis longtemps sur la lutte contre le bois de rose. On n’a jamais publié quelque chose comme ça parce que nous savons déjà que c’est dangereux », a déclaré Clovis Razafimalala.

Car en dehors de cette affaire, Clovis Razafimalala dénonce aussi les menaces des trafiquants. Il demande donc aux autorités de mieux protéger les défenseurs de l'environnement. « Ils viennent chez nous. Ils disent ouvertement, ‘ou vous coopérez avec nous, ou on vous met en prison ou on vous élimine’. Jusqu’à maintenant on arrête les personnes qui protègent l’environnement, mais on n’arrête jamais les trafiquants. »

De leur côté, les autorités promettent la mise en place d'un tribunal spécial contre le trafic des ressources naturelles. Un projet de loi devrait être déposé à l'Assemblée nationale dans les prochains jours.

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