Congo: le président Sassou-Nguesso lance des consultations nationales

Denis Sassou-Nguesso, le président du Congo-Brazzaville.
© Wikimedia

A partir de ce mercredi, le président Denis Sassou-Nguesso recevra chefs de partis, société civile ou encore responsables religieux. Des entretiens pour évoquer la vie de la nation et de l'Etat, indique le communiqué de la présidence, sans plus de précisions. Depuis plusieurs mois, de nombreux partis politiques et organisations de la société civile réclament un dialogue national pour trancher notamment la question de la réforme constitutionnelle qui divise la société congolaise. Mais là encore, l'initiative du président fait débat. L'opposition promet déjà qu'elle boycottera.

Son thème est vague, ses modalités pratiques encore inconnues, mais l'initiative de Denis Sassou-Nguesso fait réagir toute la classe politique. Il faut dire qu'en annonçant ces consultations deux jours avant leur lancement, le président a pris tout le monde de court.

Une bonne source parle de manœuvre. Le chef de l'Etat éviterait une conférence nationale pour pouvoir faire pression sur ses adversaires dans le huis clos de son palais. Une autre y voit une opération pour gagner du temps et éviter toute vague avant les jeux panafricains de septembre.

Méfiance

En tout cas, l'opposition décrit l'idée comme un piège. Selon Paul-Marie Mpouélé, le coordonnateur du Frocad (Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique), ces consultations ont pour but de constater les divisions politiques autour d'une réforme constitutionnelle et de servir d'excuse au président pour convoquer un référendum et se maintenir au pouvoir : « C’est une véritable fuite en avant du pouvoir. Le Front avait adressé un mémorandum au président de la République qui contenait la convocation d’un dialogue consacré à la gouvernance électorale. En réponse, le président de la République nous convoque à des consultations sur la vie de la Nation. Donc nous ne comprenons pas comment nous pouvons prendre part à une telle mascarade, d’un vrai-faux semblant de dialogue que nous rejetons énergétiquement et fermement ».

De son côté, Pierre Ngolo dit ne pas comprendre cette hostilité. Le secrétaire général du parti présidentiel PCT (Parti congolais du travail) estime que c'est justement l'occasion pour tous de présenter ses arguments au président : « Le président Denis Sassou-Nguesso est dans cette prérogative de vouloir écouter les uns et les autres. Quand il ne l’a pas fait, on lui en fait le reproche. Et quand ils décident ensemble, on manifeste de l’hostilité. C’est dommage cette hostilité manifeste, ce rejet d’une opportunité qui est offerte. La tension, elle porte sur le débat sur la Constitution. Il n’y a pas mieux que le président de la République à créer les conditions de détente. Nous interpellons le président de la République et nous disons la Constitution actuelle pose problème. On a demandé au président de convoquer le dialogue. Ce comportement de refus d’un échange, je ne comprends pas ».

Le mouvement, lui, demandera au chef de l'Etat d'ouvrir la porte à un changement constitutionnel. Une réforme à laquelle s'oppose le MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral), deuxième force de la majorité. Son chef de file, Guy Brice Parfait Kolelas parle néanmoins d'une initiative heureuse dans une période où le pays est crispé. Il y voit l'occasion d'aller expliquer face-à-face à Denis Sassou-Nguesso, pourquoi la Constitution ne doit pas être modifiée.

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