Greenpeace dénonce la surpêche chinoise en Afrique de l'Ouest

L'organisation Greenpeace publie un rapport intitulé: «La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau, et en Guinée»
© greenpeace.org

Dans ses propres eaux, la Chine commence à interdire les pratiques de pêche les plus destructrices. Mais au large des côtes d’Afrique de l’Ouest, il n’en est rien. Dans les eaux de Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie, Sénégal et Sierra Leone, des embarcations chinoises opèrent souvent sans permis ou dans des zones interdites, révèle un rapport de l’ONG Greenpeace.

Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

Il y en a qui font croire par le biais de leur système automatique d’identification qu’ils naviguent dans les eaux du Mexique, d’autres falsifient le tonnage brut de leurs navires ou sous-estiment volontairement leur pêche.

« Nous avons trouvé 74 navires qui pêchaient illégalement, c’est donc un bateau chinois sur six présents en Afrique de l’Ouest, explique Rashid Kang, responsable de la campagne océan auprès de Greenpeace en Asie de l’Est. Quelques-unes de ces zones sont écologiquement fragiles, d’autres sont réservées aux petits bateaux des pêcheurs locaux. La Chine clame que sa coopération avec l’Afrique est dans une logique « gagnant-gagnant », mais ces mauvais comportements abimeront la réputation de la Chine. »

En 8 ans, l’ONG a identifié 114 cas de pêche illégale. « En 1985, il n’y avait que 13 bateaux chinois, mais aujourd’hui, ils sont plus de 460, s’alarme Rashid Kang. C’est une énorme augmentation. Ces compagnies de pêche ont une responsabilité sociale. Ils devraient au moins employer les meilleures méthodes de pêche en Afrique, et non les méthodes destructives qu’ils ont utilisées pendant longtemps auprès des côtes chinoises. » Ces pêcheurs chinois peu scrupuleux profitent des normes locales moins strictes pour piller les fonds marins africains – en toute impunité.


Les richesses marines mondiales : une manne économique menacée

Le WWF estime à 24 000 milliards de dollars les richesses marines mondiales pour les pays les plus avancés, dont 10,4 milliards pour la seule Chine. Mais l’organisation de protection de l’environnement souligne que la surexploitation des océans, leur mauvaise gestion et les changements climatiques sont une menace importante et croissante pour cette richesse économique. Le WWF estime ainsi que 90% des stocks de poisson font déjà l'objet d'une surpêche ou sont en voie d'être épuisés.

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