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RDC

RDC : une journée noire à Beni

Des soldats des Forces armées de la RDC, en patrouille, pour sécuriser la ville contre les attaques des groupes armés, à Beni, le 3 décembre 2014.
© MONUSCO/Abel Kavanagh

En République démocratique du Congo (RDC), deux personnes ont été tuées, vendredi 22 mai, dans une embuscade tendue par de présumés rebelles ougandais sur le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Les assaillants ont également attaqué un village avant d'être dispersés par les soldats congolais. « Des échanges de tirs ont été nourris », a indiqué un responsable militaire à l'AFP. Cet accrochage intervient alors que le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) avait appelé à une journée noire, vendredi, sur l'étendue de la province pour dénoncer justement les massacres qui frappent les populations civiles depuis neuf mois à Beni.

La journée noire du vendredi, censée interpeller les autorités et rendre hommage aux personnes tuées dans les massacres à Beni, a vu deux nouvelles victimes. Elles sont tombées suite à une embuscade tendue par des combattants présumés de la rébellion ougandaise dénommée ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées - Armée de libération de l’Ouganda), selon les autorités locales.

Un accrochage que déplore Juvin Kombi, membre de Lucha. Il précise également que l’opération organisée par le mouvement citoyen a été plutôt bien suivie. « Certains assaillants ont tiré sur un véhicule et cela a fait que, dans toute la ville, il y a eu des tensions. Mais quand même, les gens étaient tout de noir vêtus et il y a eu plusieurs célébrations, notamment des cultes, des messes et des Requiem, à tous les amis qui sont décédés », a-t-il déclaré à RFI.

Au-delà du symbole, Juvin Kombi estime que cette journée aura un réel impact sur les acteurs impliqués dans le retour de la paix dans la province du Nord-Kivu. « Je crois que les autorités ainsi que toute la communauté internationale sont en train d’entendre les cris de la population de cette province du Nord-Kivu et de l’est de la RDC », a-t-il ajouté. Les massacres attribués aux ADF ont fait plus de 350 morts, depuis octobre, dans le territoire de Beni, présenté comme un carrefour pour le commerce et le trafic du bois.