Les Africains en grande majorité pour une limitation à deux mandats

Au Burundi où la contestation se poursuit, les manifestants estiment que selon la Constitution, le président Pierre Nkurunziza ne peut pas briguer un nouveau mandat.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Les populations africaines sont en très grande majorité favorables à une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, selon une enquête qui vient d'être publiée par le consortium Afrobaromètre. Ce regroupement d'instituts de sondages a compilé une série d'enquêtes d'opinion qui ont eu lieu dans une trentaine de pays du continent depuis 2011. Et seuls les Algériens se disent défavorables à une telle limitation.

Pour justifier les modifications de la Constitution qui leur permettront de briguer un mandat supplémentaire, les dirigeants expliquent la plupart du temps qu'ils ne font que répondre au vœu de la population. Mais ces populations, qu'en pensent-elles réellement ?

L'enquête d'Afrobaromètre met en évidence un soutien sans ambiguïté des citoyens africains à une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels : entre 2011 et 2013, 90% des sondés au Bénin étaient favorables à cette limitation, 86% en Côte d'Ivoire, 85% au Mali, 84% en Guinée. Il faut aller en Algérie pour que la limitation soit mise en minorité dans l'opinion : 44% des Algériens seulement y étaient favorables.

Au Burundi, où la question d'un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza est au cœur de l'actualité, l'opinion publique a évolué ces dernières années. 51% seulement des sondés étaient favorables à la limitation à deux mandats en 2012. Ils étaient 62% en 2014.

Le Togo est un cas de figure intéressant : en 2014, 85% des Togolais étaient, selon le sondage d'Afrobaromètre, favorables à une limitation du nombre de mandats. Ce qui n'a pas empêché la réélection en avril dernier de Faure Gnassingbé pour un troisième mandat. Le soutien de la limitation du nombre de mandats, selon l'auteur de l'étude, ne se traduit pas nécessairement par le rejet de ceux qui décident de se représenter malgré tout.

Pour consulter l'enquête d'Afrobaromètre, cliquez ici.