Niger: toujours le flou autour de l’arrestation d’un directeur d’ONG

Cela fait une semaine ce lundi que Moussa Tchangari, le dirigeant de l'ONG « Alternative espace citoyens » est en garde à vue à la Brigade anti-terroriste de Niamey.
© Alex Potemkin/Getty images

Cela fait une semaine ce lundi que Moussa Tchangari, le dirigeant de l'ONG « Alternative espace citoyens » est en garde à vue à la Brigade anti-terroriste de Niamey. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs en relation avec l'entreprise terroriste Boko Haram. Des allégations infondées pour ses avocats qui ne savent toujours pas précisément ce qu'on lui reproche.

Moussa Tchangari n'a toujours pas le droit de voir sa famille, mais il a pu rencontrer dimanche maître Radiou, l’un de ses avocats. Celui-ci assure qu'il va bien, et que son moral est bon. Mais une semaine après sa garde à vue, on ne lui a toujours pas dit clairement de quoi il était soupçonné.

C'est encore le flou total, explique maître Abdourahamane, un autre avocat du collectif qui défend le militant : « On ne sait pas ce qu’on lui reproche. On lui a simplement posé des questions sur son interview sur l’antenne de RFI en haoussa ».

Une interview donnée au service haoussa de RFI dans laquelle Moussa Tchangari évoquait l'arrestation de plusieurs chefs de village dans une localité près du lac Tchad, où ont été évacués de force les habitants des îles nigériennes avoisinantes. Moussa Tchangari est l'auteur d'un rapport précisément sur la situation humanitaire dans cette zone et c'est pour cela, estime Tcherno Hamadou Boulama, chargé des programmes, qu'on lui en veut et que l'ONG n'a pas pu tenir ses activités dans la région de Diffa ce week-end.

« Le dernier rapport qui porte sur les déplacements forcés des populations des îles du lac Tchad n’a pas plu aux autorités au plus haut niveau. C’est pour cette raison que des entraves, des obstructions au travail d’Alternative ont été constatées depuis quelques semaines », explique Tcherno Hamadou Boulama.

Témoin du climat qui règne en ce moment dans le pays, Nouhou Arzika, un autre militant de la société civile qui avait participé vendredi à une conférence de presse avec les avocats de Moussa Tchangari, est lui aussi désormais dans le collimateur des autorités. Le président du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable a été interpellé trois fois en trois jours.