Madagascar: les explications d'une crise

Le Palais de l’Assemblée nationale à Madagascar.
© Site internet officiel de l'Assemblée nationale

A Madagascar, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina conteste la tentative de déchéance dont il fait l'objet. Il l'a déclaré le 27 mai lors d'une conférence de presse au palais présidentiel. Pour lui, le vote réalisé à l'Assemblée n'était pas transparent et entaché de fraudes. Il ne compte donc pas se laisser faire. Le bras de fer entre lui et les députés se réglera à la Haute Cour constitutionnelle qui a reçu le dossier et aura le dernier mot sur la déchéance du président. Ce conflit a pris très vite une grande ampleur. En quelques jours on est passé de rumeurs à une motion signée et déposée officiellement. Mais c'est un conflit qui n'est pas nouveau. Depuis son élection, le chef de l'Etat a des difficultés à travailler avec l'Assemblée nationale.

Elu sans parti, Hery Rajaonarimampianina est arrivé à la présidence sans députés à l'Assemblée nationale. Depuis un an et demi il lui a donc fallu construire des alliances.
L'allié naturel était Andry Rajoelina avec qui il avait fait équipe pour la campagne électorale. Mais, dès le début de son mandat, M. Rajaonarimampianina décide de lui tourner le dos et lui refuse le poste de Premier ministre. C'est là une première source de tension avec une partie des députés, les députés orange du Mapar.

Une majorité mouvante

De l'autre côté le président s'allie avec les fidèles de Marc Ravalomanana, une alliance difficile à gérer surtout depuis le retour d'exil de l'ancien président. Entre les deux grands groupes, il y a quelques partis de taille moyenne et surtout beaucoup d'indépendants qui ont constitué une bonne partie de la majorité présidentielle. Majorité instable, mouvante, et la confiance ne s'est jamais installée.

Un divorce consommé ?

Les rumeurs de motion de censure contre le gouvernement circulent à chaque session parlementaire et la crainte d'une dissolution a gagné les députés ces dernières semaines. Le divorce est-il désormais consommé ? Le président dit rester positif : « Des personnes hostiles hier s'entendent aujourd'hui et s'embrassent demain » a-t-il déclaré.

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