Burundi: l'ONU suspend le dialogue politique, sans accord définitif

Saïd Djinnit, le représentant spécial de l'ONU, assure qu'il y a eu des avancées mais toujours pas d'accord définitif.
© AFP/SEYLLOU

Depuis le 5 mai, pouvoir, opposition et société civile se sont retrouvés dans le cadre d'un dialogue politique, sous l’égide de l’ONU, qui s’est clôturé vendredi 29 mai sans accord définitif. L’ONU et les différentes parties de la crise burundaises se raccrochent désormais au sommet de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est qui se tient dans deux jours à Dar es Salaam.

Après plus de trois semaines de discussion entre les différents protagonistes de la crise burundaise, l’ONU assure qu’il y a eu des avancées sur six des huit points qui devaient être étudiés : réouverture des médias privés fermés par le pouvoir burundais, libération des manifestants arrêtés, annulation des mandats d’arrêt contre les personnalités de l’opposition et de la société civile ou encore un nouveau report des élections.

Un accord de principe a été trouvé sur tous ces points assure le représentant spécial de l’ONU Saidi Djinnit : « Il y a eu des accords de principe. Je dis accord de principe parce qu’il n’y a d’accord définitif que quand il y a accord sur tout. Mais évidemment, il y a ce désaccord sur la question du terme présidentiel qui a pesé lourdement sur le dialogue tout du long. »

En réalité, il y a deux points d’achoppement, toujours selon Saïd Djinnit : l’arrêt des manifestations qui durent depuis quatre semaines et le retrait de la candidature du président Pierre Nkurunziza.

Et le désaccord est tel que, pouvoir burundais d’un côté, opposition et société civile de l’autre, ont les yeux rivés sur le sommet des chefs d’Etat de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est, qu’ils espèrent décisif. Le représentant de l’ONU pour la région des Grands Lacs semble, lui aussi, placer quelques espoirs dans ce sommet :

« Elles [les parties] ont convenues de reprendre leurs échanges après le sommet de Dar es Salaam. Je suis convaincu que les éclairages et les orientations qu’apportera le sommet contribueront à renforcer le dialogue interburundais et à lui donner un nouveau souffle. »

En attendant, les manifestations contre le mandat de Nkurunziza se poursuivent et elles sont de plus en plus violemment réprimées par les forces de l’ordre. A deux jours du sommet régional de Dar es Salaam, la société civile fait savoir qu’aucune trêve des manifestations n’a été décidée pour ce week-end.

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