Madagascar: ras-le-bol des gens après les derniers sursauts politiques

Rue d'Antananarivo, Madagascar.
© RFI/G.Thibault

Madagascar est dans l'attente de l'avis de la Haute Cour constitutionnelle qui doit se prononcer sur la requête déposée par les députés. Ils demandent la destitution du président de la République après l'avoir votée au sein de l'Assemblée nationale mardi soir. La HCC est censée valider ou pas cette destitution. Moins de 18 mois après les élections présidentielles et législatives, c'est une nouvelle crise politique qui se profile.

Sur le grand marché du jeudi d’Antananarivo, on ne parle pas politique. La possible destitution du président de la République n’intéresse pas Llul qui tient un stand de restauration : « Nous, on trime tous les jours pour manger et eux là-haut, ils n’en ont rien à faire. C’est une affaire qui les concerne eux, là-haut, mais pas les gens d’en bas. Ça ne m’intéresse pas du tout ».

Frédéric, 62 ans, ancien enseignant est maintenant vendeur de fripes est exaspéré : « Ça me dépasse. On n’est pas optimistes du tout. Nous, nous ne comprenons pas ce qu’ont fait les gens des hautes sphères là-bas ». Alors certains, comme cette cliente, préfèrent sourire face à la situation : « Je pense que c’était tout un cirque la politique à Madagascar. Personnellement, je trouve qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ». D’autres sont tout simplement remontés : « Le peuple n'est pas une balle de ping-pong qu'on renvoie à droite puis à gauche. Ce n’est pas un jeu ! Le président a été élu, laissons-le faire son travail ».

Et certains soutiennent l’initiative des parlementaires : « Jusqu'à maintenant, on n'a pas constaté de changement. On l'a élu là et il n'a rien réalisé. Donc moi je donne raison aux députés ». Cette commerçante hausse les épaules et esquisse un sourire désabusé. Elle ne craint pas l’apparition d’une nouvelle crise, car, selon elle, la précédente n’est pas terminée.

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