Niger: vague d’arrestations de complices présumés de Boko Haram

Des militaires devant la prison de Niamey, le 1er juin 2013.
© AFP PHOTO / STRINGER

Au Niger, après l'inculpation pour atteinte à la défense nationale des deux leaders de la société civile, c'est au tour des huit chefs de village des îles du lac Tchad, dans la région de Diffa, d'avoir été présentés, le 28 mai, au parquet. Cette semaine, devant le Parlement, le ministre de l’Intérieur a annoncé que plusieurs réseaux et cellules de Boko Haram ont été démantelés. Près de 643 personnes ont été arrêtées et inculpées dans ce cadre.

Le juge a inculpé les chefs de village de complicité avec une entreprise terroriste pour « avoir participé à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation d'actes terroristes ». Ces notables ont été placés sous mandat de dépôt. Invariablement, toutes les personnes interpellées sont transférées de Diffa à Niamey à la brigade antiterroriste. Une fois inculpées, elles sont placées en détention, la plupart à Koutoukalé, la prison de haute sécurité.

C'est là que maître Oumarou Mahaman Rabiou va rencontrer ses clients, des « suspects » aux yeux de la loi. Des villageois, boutiquiers arrêtés par les forces de défense et de sécurité dans la région de Diffa, parfois sur simple dénonciation : « Les dénonciations sont anonymes. Et dans ce climat de suspicion généralisée, naturellement les forces de défense et de sécurité vous interpellent et la procédure est déclenchée comme ça. Et compte tenu du fait qu’on les amène ici à Niamey en masse, et souvent certains sans aucun PV. Et puisque l’instruction est obligatoire, le juge devant lequel on les amène, il est obligé souvent de leur faire des mandats de dépôt. Aujourd’hui, il y en a beaucoup qui se trouvent dans cette situation un peu inquiétante ».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) veille et dit avoir visité 563 personnes dés leur interpellation sur le terrain, comme le confirme Daddy Rabiou Oumarou du CICR : « Nous les visitons déjà dans les centres de détention provisoire, dans les commissariats. Mais nous les visitons aussi lorsqu’ils sont en garde à vue à la cellule anti-terroriste de Niamey. Puis nous les visitons dans les prisons du Niger pour que l’on puisse s’assurer que ces personnes sont bien traitées et qu’elles sont détenues dans des conditions conformes au droit nigérien et conformes aux conventions internationales ».

Des associations de défense des droits de l'homme, mais aussi des hommes de loi s'inquiètent de la promiscuité entre les simples suspects et les vrais terroristes.

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